Quelques mois seulement après les Jeux de la Francophonie, un spectacle affligeant s’offre aux yeux des Kinois : les maisons construites pour accueillir les athlètes, financées par l’argent public et présentées comme l’un des grands héritages du pays, tombent déjà en ruine. Alors que ces infrastructures devaient être transformées en logements sociaux, elles sont aujourd’hui livrées à l’abandon, envahies par la végétation, pillées et dépouillées de leurs équipements.
Un investissement public laissé sans gestion claire
Érigées à grands frais dans la capitale congolaise, ces habitations étaient censées prolonger l’impact des Jeux bien au-delà de l’événement. Officiels et responsables gouvernementaux avaient assuré qu’elles serviraient ensuite à réduire la pénurie criante de logements décents à Kinshasa.
Mais la réalité est tout autre : aucune autorité ne semble assumer la gestion de ce patrimoine. Les bâtiments n’ont pas été sécurisés, encore moins entretenus. Les portes ont été arrachées, les câbles électriques volés, les murs se fissurent, et les herbes folles recouvrent déjà les espaces communs. En quelques semaines seulement, ce qui devait devenir une cité modèle se transforme en zone abandonnée.
De lourdes questions sans réponses
Comment expliquer qu’un projet financé par des milliards de francs congolais soit laissé à l’abandon aussi rapidement ?
Qui, du ministère concerné ou des services spécialisés, devait assurer la maintenance ?
Où se trouve la ligne budgétaire censée garantir la conservation de ces infrastructures ?
Le silence est total. Ni bilan officiel, ni communication transparente, ni plan de réaffectation réaliste n’a été rendu public. Cette opacité n’est pas seulement inquiétante : elle nourrit la suspicion d’une gestion hasardeuse, voire d’un manque de responsabilité flagrant dans l’utilisation des fonds de l’État.
Un nouvel exemple de dilapidation des ressources publiques
Pour de nombreux observateurs, l’abandon de cette cité sportive s’ajoute à une longue liste de projets publics mal planifiés, mal exécutés ou volontairement négligés après inauguration. La RDC souffre depuis des années d’investissements qui ne profitent jamais pleinement à la population, faute de gouvernance rigoureuse et de mécanismes de suivi transparents.
Les maisons des athlètes, au lieu d’incarner l’héritage d’un événement international prestigieux, sont en passe de devenir le symbole de la négligence institutionnelle et de la dilapidation des fonds publics en plein jour, sous le regard des autorités qui semblent fermer les yeux.
La population attend des comptes
Face à l’état actuel des lieux, des voix s’élèvent pour demander une action urgente. Des habitants de la capitale appellent l’État à assumer ses responsabilités : sécuriser les infrastructures, établir un plan de restauration, et surtout communiquer clairement sur la gestion du budget destiné à leur entretien.
Car si rien n’est fait rapidement, ces maisons finiront par disparaître avant même d’avoir servi une seule famille. Ce qui devait être un bénéfice durable pour la population risque de se transformer en monument du gâchis financier, révélant une fois de plus les failles profondes de la gestion publique en RDC.
Les maisons des athlètes laissées à l’abandon constituent un avertissement sévère. Elles rappellent que ce ne sont pas seulement les projets qui s’effondrent, mais aussi la confiance des citoyens dans la capacité de l’État à veiller sur les biens publics. Tant que les autorités ne feront pas preuve de transparence et de rigueur, les investissements financés par le peuple continueront de mourir avant même d’être utiles.
André Panda Nyoyi





