À l’issue du Conseil de ministres tenu hier vendredi, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo a levé l’option de candidater au poste de Secrétaire Général de l’OIF. Dans la presse nationale plusieurs noms émergent pour d’abord affronter la rwandaise Louise Mushikiwabo puis représenter la RDC au sein de cette organisation.
En effet, sur la liste, le nom de Christophe Lutundula, ancien ministre des Affaires étrangères, revient avec insistance. Mais pourquoi cette focalisation sur ce Sénateur ?
Parlementaire chevronné, diplomate respecté et acteur clé du repositionnement international de la République démocratique du Congo, Christophe Lutundula apparaît aujourd’hui comme l’un des profils les plus solides pour diriger l’Organisation internationale de la Francophonie. Une candidature qui mérite d’être analysée au prisme de son parcours, de ses réseaux et des enjeux actuels de l’OIF.
Un parcours ancré dans la Francophonie parlementaire
La Francophonie n’est pas un terrain nouveau pour Christophe Lutundula. Bien avant d’occuper des fonctions exécutives, il s’est imposé comme un parlementaire très actif, notamment au sein de l’Association des parlementaires francophones (APF), où il a assumé des responsabilités de premier plan. Cette expérience lui a permis de maîtriser les mécanismes institutionnels de la Francophonie, mais aussi d’en comprendre les attentes politiques, culturelles et linguistiques, au Nord comme au Sud.
Dans un espace francophone souvent confronté à des défis de cohésion et de gouvernance, cette connaissance fine des équilibres internes constitue un atout non négligeable pour un futur Secrétaire général.
Une crédibilité diplomatique reconnue
Ancien ministre des Affaires étrangères de la RDC, Christophe Lutundula s’est distingué par une diplomatie sobre, structurée et efficace, marquant positivement les cercles diplomatiques régionaux et internationaux. Son passage à la tête de la diplomatie congolaise a été associé à un effort de normalisation, de dialogue multilatéral et de défense des intérêts nationaux dans des contextes souvent complexes.
Cette expérience est particulièrement pertinente pour l’OIF, organisation appelée à jouer un rôle de médiation, de prévention des crises et de promotion des valeurs démocratiques, tout en respectant la diversité politique de ses États membres.
Un symbole du retour de la RDC sur la scène internationale
Sur le plan interne, Christophe Lutundula incarne, juste après le Chef de l’État, l’un des visages du retour progressif de la RDC sur la scène internationale. Les résultats engrangés ces dernières années en matière de diplomatie régionale et multilatérale ont contribué à redonner à Kinshasa une voix plus audible et plus crédible.
Sa candidature à la tête de l’OIF s’inscrit donc aussi dans une dynamique plus large : celle d’un pays francophone majeur qui aspire à jouer pleinement son rôle au sein des organisations internationales, non pas comme simple bénéficiaire, mais comme acteur de proposition.
Une candidature stratégique dans un contexte exigeant
Diriger l’OIF aujourd’hui suppose de conjuguer légitimité politique, expérience multilatérale et sens du consensus. À cet égard, le profil de Christophe Lutundula apparaît comme stratégiquement robuste, à la croisée des attentes des États africains, européens et nord-américains membres de l’organisation.
Si la compétition s’annonce ouverte et que chaque candidature devra convaincre sur un projet et une vision, celle de Christophe Lutundula se distingue par la cohérence de son parcours et sa capacité à parler à l’ensemble de l’espace francophone.
Une Francophonie en quête de leadership équilibré
Au-delà des personnalités, l’enjeu est celui de l’avenir de la Francophonie elle-même : une organisation appelée à se réinventer, à renforcer son utilité concrète et à maintenir un équilibre délicat entre valeurs, réalités politiques et diversité culturelle.
Dans ce contexte, la candidature de Christophe Lutundula apparaît moins comme un pari que comme une option crédible et structurante, portée par l’expérience, la connaissance des institutions et une pratique éprouvée du dialogue international.
Philippe KAZADI O.





