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	<title>CRISE RWANDO-CONGOLAISE Archives - Kiosque d&#039;Afrique</title>
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	<title>CRISE RWANDO-CONGOLAISE Archives - Kiosque d&#039;Afrique</title>
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		<title>RDC : FRN, la Belgique sort du silence et met Joseph Kabila face à ses responsabilités</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Oct 2026 10:21:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
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		<category><![CDATA[Ministre belge des affaires étrangères]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Près de dix jours après la naissance du Front pour la refondation de la nation, Bruxelles condamne sans détour le choix de la voie politico-militaire par l’ancien président congolais. Mais derrière la fermeté des mots, la Belgique mise sur les négociations de Doha et de Washington. Une prise de position dont le calendrier nourrit déjà [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Près de dix jours après la naissance du Front pour la refondation de la nation, Bruxelles condamne sans détour le choix de la voie politico-militaire par l’ancien président congolais. Mais derrière la fermeté des mots, la Belgique mise sur les négociations de Doha et de Washington. Une prise de position dont le calendrier nourrit déjà des interrogations dans les milieux politiques congolais.</strong></p>
<p>La Belgique a finalement rompu le silence. Le mercredi 21 octobre 2026, devant la Commission des relations extérieures de la Chambre, le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a livré une condamnation particulièrement ferme de la décision de Joseph Kabila de prendre la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), annoncé à Goma le 12 octobre dernier.</p>
<p>Le ton est sans ambiguïté. Pour le chef de la diplomatie belge, voir un ancien président de la République, qui a lui-même été confronté aux ravages des rébellions armées, diriger un mouvement politico-militaire cherchant à accéder au pouvoir par la force relève d&rsquo;un choix « déplorable, incompréhensible et inacceptable ». Maxime Prévot qualifie cette orientation de « profondément illégitime », estimant qu&rsquo;elle ne saurait conduire ni à la stabilité, ni à la paix, ni à la démocratie.</p>
<p>Cette déclaration constitue un signal diplomatique important dans une crise congolaise où les alliances politiques, les ambitions de pouvoir et les rapports de force militaires s&rsquo;entremêlent dangereusement. Elle apporte surtout une réponse à ceux qui attendaient de Bruxelles une clarification sur sa lecture de la nouvelle configuration politique et sécuritaire incarnée par le FRN.</p>
<p><strong>Une condamnation qui conforte Kinshasa, sans régler la crise</strong></p>
<p>Pour le pouvoir de Félix Tshisekedi, la position exprimée par Maxime Prévot constitue indéniablement un appui diplomatique. En rejetant le recours aux armes comme moyen de conquête du pouvoir, la Belgique défend un principe central pour les autorités de Kinshasa : la contestation politique ne peut justifier une remise en cause violente des institutions de la République.</p>
<p>La portée de cette déclaration dépasse cependant le seul soutien au président congolais. Bruxelles ne se contente pas de désapprouver Joseph Kabila. Elle adresse un avertissement à l&rsquo;ensemble des acteurs qui pourraient être tentés de faire de la violence une alternative à la compétition politique et aux mécanismes démocratiques.</p>
<p>Le message est également destiné à l&rsquo;opinion congolaise et aux partenaires internationaux : la crise de l&rsquo;Est ne peut être dissociée des conséquences politiques d&rsquo;une militarisation croissante de la lutte pour le pouvoir.</p>
<p>Il faut néanmoins distinguer une convergence diplomatique d&rsquo;un blanc-seing politique. La condamnation du FRN ne signifie pas que la Belgique approuve automatiquement toutes les décisions de Félix Tshisekedi, ni qu&rsquo;elle considère que les responsabilités dans la crise congolaise se limitent aux seuls adversaires armés du pouvoir. La déclaration de Maxime Prévot porte d&rsquo;abord sur le choix de la voie politico-militaire et sur les risques qu&rsquo;elle fait peser sur la paix.</p>
<p><strong>Le calendrier de Bruxelles : une réaction tardive qui interroge</strong></p>
<p>La fermeté du propos ne dissipe pas toutes les interrogations. Pourquoi avoir attendu le 21 octobre pour exprimer une position aussi tranchée, alors que la création du FRN avait été annoncée le 12 octobre à Goma ?</p>
<p>Dans les milieux opposés à Félix Tshisekedi, cette prise de parole pourrait être interprétée comme une tentative de Bruxelles de sauver la face, après une période de silence qui a alimenté les spéculations sur ses intentions. D&rsquo;autres pourraient y voir un réajustement diplomatique rendu nécessaire par la nouvelle configuration politico-militaire congolaise.</p>
<p>Ces lectures méritent d&rsquo;être examinées, mais elles ne constituent pas, en elles-mêmes, la preuve d&rsquo;une manœuvre belge. Aucun élément public cité dans la déclaration du ministre ne permet d&rsquo;établir que le calendrier de cette condamnation aurait été dicté par une volonté de protéger le président congolais ou de réparer une faute diplomatique.</p>
<p>Une explication plus prudente consiste à observer que Bruxelles a choisi de prendre position publiquement alors que la portée politique et sécuritaire du FRN devenait un enjeu majeur. L&rsquo;ancien président Joseph Kabila se retrouve à la tête d&rsquo;une structure qui prolonge la dynamique de l&rsquo;Alliance Fleuve Congo (AFC) et du M23, dans un contexte où les négociations de paix sont déjà fragiles.</p>
<p>Le calendrier n&rsquo;en reste pas moins politiquement significatif. Dans une région où chaque déclaration internationale est scrutée à travers le prisme des alliances, des intérêts stratégiques et des rivalités historiques, le silence peut nourrir le soupçon autant que la parole peut être interprétée comme un soutien.</p>
<p>La véritable question est donc moins de savoir si la Belgique a parlé tardivement que de déterminer si cette prise de position sera suivie d&rsquo;actes diplomatiques cohérents et d&rsquo;un engagement suffisamment soutenu pour contribuer à une désescalade.</p>
<p><strong>Doha et Washington : les deux voies que Bruxelles veut préserver</strong></p>
<p>Au-delà de la condamnation du FRN, la partie la plus importante de l&rsquo;intervention de Maxime Prévot réside dans les solutions qu&rsquo;il met en avant. Le ministre belge réaffirme que la crise de l&rsquo;Est ne possède pas de solution militaire durable. Toute nouvelle escalade, prévient-il, ne ferait qu&rsquo;aggraver les souffrances des populations civiles, premières victimes des affrontements.</p>
<p>Bruxelles appelle ainsi les protagonistes à poursuivre les négociations dans le cadre des processus de Doha et de Washington, malgré la lenteur des progrès enregistrés. La Belgique entend également soutenir les efforts de médiation conduits sous l&rsquo;égide de l&rsquo;Union africaine.</p>
<p>Ces deux processus répondent à des dimensions complémentaires de la crise.</p>
<p><em><strong>Le processus de Doha</strong></em> constitue le cadre de négociation entre le gouvernement congolais et l&rsquo;AFC/M23, dont le FRN revendique la continuité des droits, obligations et engagements. L&rsquo;enjeu est de transformer les engagements politiques en dispositions concrètes permettant de réduire les hostilités et d&rsquo;ouvrir la voie à une solution négociée.</p>
<p><em><strong>Le processus de Washington</strong></em>, quant à lui, concerne notamment les engagements sécuritaires entre la RDC et le Rwanda. Sa mise en œuvre doit contribuer à traiter la dimension régionale du conflit, dans laquelle les questions de souveraineté, d&rsquo;intégrité territoriale et de sécurité transfrontalière demeurent centrales.</p>
<p>L&rsquo;intérêt de l&rsquo;approche belge est de ne pas enfermer la crise dans une seule dimension. Une négociation entre Kinshasa et les représentants de la rébellion ne saurait, à elle seule, résoudre tous les différends régionaux. Inversement, un accord entre États ne suffirait pas nécessairement à régler les rapports de force internes et les revendications politiques qui alimentent les violences.</p>
<p>Le défi est désormais de faire converger ces deux voies diplomatiques, plutôt que de les laisser évoluer séparément, sans résultats tangibles sur le terrain.</p>
<p><strong>Le dialogue national congolais, l&rsquo;autre chantier de la sortie de crise</strong></p>
<p>La diplomatie internationale ne pourra cependant pas régler seule l&rsquo;ensemble des tensions politiques congolaises.</p>
<p>La crise sécuritaire dans l&rsquo;Est se superpose à des divergences internes sur la gouvernance, le fonctionnement des institutions, les libertés politiques et la place de l&rsquo;opposition dans la vie nationale. Dans ce contexte, un dialogue entre Congolais pourrait contribuer à réduire les fractures politiques, à condition de ne pas être conçu comme une simple opération de légitimation du pouvoir en place.</p>
<p>Le gouvernement de Félix Tshisekedi présente son processus de dialogue national comme un cadre destiné à rechercher la paix et à renforcer la cohésion nationale. Mais la crédibilité d&rsquo;une telle initiative dépendra de son caractère inclusif, des garanties offertes aux participants et de la capacité des conclusions à produire des effets concrets.</p>
<p>Un dialogue crédible devrait notamment permettre d&rsquo;aborder les causes politiques de la défiance, les garanties de participation de l&rsquo;opposition, le respect de l&rsquo;ordre constitutionnel et les conditions d&rsquo;une compétition démocratique pacifique.</p>
<p>Il devrait également distinguer les acteurs politiques qui acceptent de participer à un processus non violent de ceux qui poursuivent des opérations armées. La recherche d&rsquo;un compromis politique ne saurait effacer les exigences de responsabilité, de sécurité et de protection des populations.</p>
<p>Le principal risque serait de réduire le dialogue à une confrontation entre les partisans du président et ceux de Joseph Kabila, en laissant de côté les organisations citoyennes, les forces politiques indépendantes, les représentants des communautés affectées par la guerre et les voix qui réclament des garanties institutionnelles.</p>
<p><strong>La Belgique entre fermeté politique et prudence diplomatique</strong></p>
<p>La prise de position de Maxime Prévot intervient également dans un contexte de tensions entre Kinshasa et Bruxelles, après des perquisitions menées en Belgique dans le cadre d&rsquo;une enquête judiciaire visant des proches et des associés du président congolais.</p>
<p>Le ministre belge a rejeté tout lien entre ces opérations judiciaires et la position diplomatique de son pays sur la situation dans l&rsquo;Est de la RDC. Il a insisté sur l&rsquo;indépendance de la justice belge et mis en garde contre la désinformation et les discours de haine susceptibles de détériorer les relations bilatérales.</p>
<p>Cette clarification est importante. Elle rappelle que la politique étrangère belge et les procédures judiciaires belges relèvent de logiques institutionnelles distinctes. Une enquête judiciaire ne constitue pas, à elle seule, la preuve d&rsquo;une hostilité diplomatique ; de même, une condamnation politique du FRN ne démontre pas que Bruxelles cherche à compenser les conséquences d&rsquo;une procédure judiciaire.</p>
<p>Pour autant, la juxtaposition de ces événements rend la communication diplomatique particulièrement sensible. Les autorités belges devront veiller à ce que leur position sur la crise congolaise soit comprise comme une ligne cohérente, fondée sur des principes explicites, et non comme une succession de réactions dictées par les tensions du moment.</p>
<p>La Belgique dispose d&rsquo;une relation historique avec la RDC et d&rsquo;une capacité d&rsquo;influence au sein des espaces européens et internationaux. Cette position lui confère une responsabilité particulière : soutenir les initiatives de paix sans se substituer aux acteurs congolais, défendre les principes démocratiques sans donner l&rsquo;impression de choisir un camp dans toutes les controverses internes et maintenir une pression diplomatique cohérente en faveur de la désescalade.</p>
<p><strong>De la condamnation aux résultats : le véritable test de Bruxelles</strong></p>
<p>En définitive, la déclaration de Maxime Prévot a le mérite de clarifier la position belge face à la création du FRN. Elle rejette explicitement le recours aux armes pour accéder au pouvoir, réaffirme la nécessité de protéger les civils et appelle à préserver les négociations de Doha et de Washington.</p>
<p>Mais la fermeté des mots ne constitue pas encore une solution à la crise congolaise. Le véritable test sera la capacité de Bruxelles et de ses partenaires à contribuer à des résultats observables : un cessez-le-feu respecté, une diminution des violences, la protection effective des populations, la mise en œuvre des engagements sécuritaires et la poursuite de négociations politiquement crédibles.</p>
<p>Kinshasa, de son côté, ne pourra durablement s&rsquo;appuyer sur les déclarations de soutien de partenaires étrangers sans apporter de réponses aux tensions internes qui fragilisent la cohésion nationale. Quant à Joseph Kabila et aux responsables du FRN, ils devront mesurer les conséquences politiques et humaines du choix de la voie armée et clarifier leur disposition à respecter des engagements susceptibles d&rsquo;ouvrir une issue négociée.</p>
<p>La Belgique a donc parlé. Son message est ferme, mais sa stratégie reste diplomatique : condamner la militarisation de la conquête du pouvoir, maintenir les canaux de négociation et éviter une aggravation de la guerre.</p>
<p>Reste une question essentielle : cette déclaration contribuera-t-elle à modifier le comportement des acteurs sur le terrain, ou restera-t-elle une prise de position supplémentaire dans une crise où les initiatives diplomatiques se multiplient sans parvenir encore à garantir une paix durable ?</p>
<p>Pour les populations de l&rsquo;Est, qui paient depuis des années le prix de cette guerre, c&rsquo;est moins le ton des déclarations internationales que leurs conséquences concrètes qui déterminera la valeur de cette nouvelle séquence diplomatique.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Éden-Pascal TSHIYOMBO</strong></p>
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		<title>RDC-Politique : Kabila dans le viseur de Lutundula, l’ADP appelle à faire bloc derrière Tshisekedi</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Oct 2026 23:00:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[CRISE RWANDO-CONGOLAISE]]></category>
		<category><![CDATA[ADP]]></category>
		<category><![CDATA[Alliance des Démocrates pour le Progrès]]></category>
		<category><![CDATA[Christophe Lutundula]]></category>
		<category><![CDATA[Félix Tshisekedi]]></category>
		<category><![CDATA[FRN]]></category>
		<category><![CDATA[Joseph Kabila]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La création du Front pour la Refondation de la Nation, FRN, désormais dirigé par l’ancien Président Joseph Kabila, provoque une nouvelle offensive politique dans le camp présidentiel. Le parti de Christophe Lutundula, Alliance des Démocrates pour le Progrès, ADP, y voit une confirmation de toutes les accusations contre l’ex-chef de l’État, soupçonné d’agir avec le [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La création du Front pour la Refondation de la Nation, FRN, désormais dirigé par l’ancien Président Joseph Kabila, provoque une nouvelle offensive politique dans le camp présidentiel. Le parti de Christophe Lutundula, Alliance des Démocrates pour le Progrès, ADP, y voit une confirmation de toutes les accusations contre l’ex-chef de l’État, soupçonné d’agir avec le soutien de Kigali. Face à ce qu’il considère comme une menace contre la souveraineté nationale, le parti appelle à la mobilisation des Congolais autour de Félix Tshisekedi et réclame un durcissement des sanctions internationales contre les responsables de la déstabilisation de l’Est du Congo. </strong></p>
<p>En effet, la ligne rouge est désormais clairement tracée. Pour l’ADP, la création du FRN et la prise de commandement de ce mouvement politico-militaire par Joseph Kabila ne constituent ni une surprise ni un simple changement de bannière. Le parti de l’ancien ministre des Affaires étrangères Christophe Lutundula y voit une nouvelle étape dans une entreprise de déstabilisation de la République démocratique du Congo.</p>
<p>Dans une déclaration politique rendue publique dimanche 18 octobre à Kinshasa, en présence de son président national, l’ADP affirme que cette évolution conforte les accusations portées par le Président Félix Tshisekedi contre son prédécesseur, qu’il présente comme l’un des principaux responsables de la crise sécuritaire qui ravage les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.</p>
<p>La déclaration, signée par Christophe Lutundula Apala Pen’Apala et lue par le secrétaire général du parti, John Mbombo, est particulièrement sévère envers l’ancien chef de l’État. L’ADP accuse Joseph Kabila d’agir en intelligence avec le Président Rwandais Paul Kagame et considère la naissance du FRN comme une transformation de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du Mouvement du 23 mars (M23) sous une nouvelle appellation.</p>
<p>Ces accusations constituent le cœur de l’offensive politique engagée par le parti, membre de l’Union sacrée de la Nation.</p>
<p><strong>Du CNDP au M23, puis à l’AFC/M23 : l’ADP dénonce une continuité de la déstabilisation</strong></p>
<p>Pour étayer son analyse, l’ADP inscrit le FRN dans une succession de mouvements armés qui ont marqué les conflits dans l’Est congolais. Le parti évoque notamment le Congrès national pour la défense du peuple, CNDP, associé à Laurent Nkunda, les différentes générations du M23, puis l’AFC/M23, avant l’apparition du nouveau mouvement dirigé par Joseph Kabila.</p>
<p>À travers cette lecture, la formation politique de Christophe Lutundula soutient que le changement de nom ne modifie pas, selon elle, la nature de la menace qui pèse sur l’intégrité territoriale de la RDC.</p>
<p>« <em>Le Rwanda et ses dirigeants sont les commanditaires des massacres et crimes économiques perpétrés par les Forces de défense rwandaises (RDF) et leurs supplétifs congolais dans l’Est de la RDC</em> », affirme la déclaration.</p>
<p>L’ADP estime ainsi que la crise qui frappe l’Est du pays depuis plusieurs décennies ne peut être dissociée des enjeux régionaux, des intérêts politiques et du contrôle des ressources naturelles.</p>
<p>Le parti considère que la prise de commandement du FRN par Joseph Kabila est une éloquente manifestation d’une volonté de remettre en cause l’ordre constitutionnel et de reconquérir le pouvoir par la force.</p>
<p>Une accusation lourde, qui s’inscrit dans un climat politique marqué par l’aggravation du conflit dans l’Est et par les tensions entre le pouvoir de Kinshasa et l’ancien régime.</p>
<p><strong>Immunité levée, condamnation à mort : l’ADP défend les décisions visant Kabila</strong></p>
<p>Sur le terrain judiciaire, le parti de Christophe Lutundula apporte également son soutien aux décisions prises à l’encontre de l’ancien président.</p>
<p>Il estime que le Sénat a eu raison de lever l’immunité parlementaire de Joseph Kabila et que la Haute Cour militaire a agi à bon droit en le condamnant à mort par contumace pour plusieurs infractions graves, notamment la haute trahison, l’intelligence avec l’ennemi et la participation à un mouvement insurrectionnel.</p>
<p>La formation politique affirme par ailleurs que les rapports d’experts des Nations unies évoquant des liens entre Joseph Kabila et l’AFC/M23 sont objectifs et crédibles.</p>
<p>Pour l’ADP, ces éléments, mis en perspective avec la création du FRN, renforcent la nécessité d’une réponse politique, sécuritaire et diplomatique à la hauteur des risques qu’elle dénonce.</p>
<p><strong>Tshisekedi au centre d’un front patriotique</strong></p>
<p>Face à ce qu’il décrit comme une menace contre la Nation, l’ADP appelle les Congolais à resserrer les rangs autour du président Félix Tshisekedi et des Forces armées de la République démocratique du Congo, FARDC.</p>
<p>Le message est sans ambiguïté : le parti veut faire de la défense de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale un facteur de rassemblement politique.</p>
<p>« <em>Renforcer le camp de la patrie autour du chef de l’État, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et des Forces armées de la République démocratique du Congo, FARDC </em>», exhorte la déclaration, qui appelle également les Congolais à se tenir prêts à faire échec au FRN.</p>
<p>L’ADP entend ainsi mobiliser au-delà de ses propres rangs, en associant les forces politiques et sociales qui considèrent la préservation de l’unité nationale comme une priorité.</p>
<p>Cette mobilisation s’accompagne d’un soutien explicite au dialogue national convoqué par Félix Tshisekedi. Le parti affirme appuyer, sans réserve, cette initiative présentée comme un cadre destiné à favoriser la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État.</p>
<p>Pour l’ADP, le dialogue ne doit donc pas être opposé à la défense du territoire : il doit contribuer à consolider les institutions et à renforcer la capacité du pays à faire face aux menaces sécuritaires.</p>
<p><strong>FARDC et Wazalendo : l’ADP réclame davantage de moyens</strong></p>
<p>Au-delà des déclarations politiques, le parti de Christophe Lutundula adresse des recommandations concrètes au gouvernement congolais.</p>
<p>Il demande un renforcement des effectifs et des moyens financiers des FARDC, ainsi que des groupes Wazalendo qui combattent à leurs côtés contre les groupes armés dans l’Est du pays.</p>
<p>L’ADP plaide également pour que les services de sécurité disposent d’équipements modernes et de capacités opérationnelles suffisantes pour prévenir les attaques, protéger les populations civiles et défendre les frontières nationales.</p>
<p>Cette exigence traduit une conviction centrale de la déclaration : la mobilisation politique doit s’accompagner de moyens militaires et sécuritaires adaptés à la gravité du conflit.</p>
<p>Car, au-delà de la bataille des discours, les populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent confrontées aux violences, aux déplacements forcés et aux conséquences économiques et humanitaires de l’insécurité.</p>
<p>Pour le parti de Lutundula, la restauration durable de l’autorité de l’État demeure donc indissociable du renforcement des forces engagées sur le terrain.</p>
<p><strong>ONU, Union africaine, Union européenne : la pression diplomatique doit monter d’un cran</strong></p>
<p>L’offensive de l’ADP ne se limite pas au front intérieur. Le parti veut également porter le combat sur le terrain diplomatique.</p>
<p>Il demande au Conseil de sécurité des Nations unies, à l’Union africaine, aux organisations régionales africaines, à l’Union européenne et aux partenaires internationaux de la RDC de condamner sans équivoque la création du FRN et de renforcer les sanctions contre ses fondateurs.</p>
<p>La formation politique réclame surtout l’application effective de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, qu’elle considère comme un instrument essentiel dans la recherche d’une réponse internationale à la crise dans l’Est congolais.</p>
<p>Les États-Unis sont particulièrement interpellés. L’ADP les exhorte à accentuer la pression sur Kigali afin que le Rwanda respecte les engagements pris dans le cadre des accords de Washington signés en juin 2025.</p>
<p>Ce volet diplomatique est stratégique dans l’argumentaire du parti : pour Kinshasa et ses alliés, la réponse à la crise ne peut reposer exclusivement sur les capacités militaires congolaises. Elle doit également passer par une mobilisation internationale capable de peser sur les acteurs régionaux et de faire respecter les engagements pris.</p>
<p><strong>Le FRN, nouveau front d’une confrontation politique et militaire</strong></p>
<p>Le Front pour la Refondation de la Nation a annoncé, le 12 octobre à Goma, mettre fin à l’existence de l’AFC sous cette appellation et s’est donné pour objectif de combattre le pouvoir de Kinshasa « par tous les moyens, y compris la force », selon les éléments rapportés dans les publications consacrées à cette annonce.</p>
<p>Cette orientation revendiquée donne à la création du FRN une portée qui dépasse le simple réaménagement organisationnel d’un mouvement politique ou armé : elle place au premier plan la question de l’usage de la force contre les institutions en place.</p>
<p>Depuis cette annonce, plusieurs personnalités et formations politiques, issues aussi bien de la majorité que de l’opposition, ont dénoncé la démarche de Joseph Kabila. Des figures proches de son ancien parti, le PPRD, se sont également désolidarisées de cette initiative, selon les informations rapportées.</p>
<p>Cette réaction montre que la prise de commandement du FRN par l’ancien président est susceptible de provoquer des repositionnements au sein de la classe politique congolaise, y compris dans les milieux qui lui étaient traditionnellement proches.</p>
<p>Pour l’ADP, l’heure n’est donc plus à l’ambiguïté. Le parti de Christophe Lutundula réaffirme sa fidélité à Félix Tshisekedi et à l’Union sacrée de la Nation, tout en renouvelant son engagement en faveur de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la RDC.</p>
<p><strong>Une mobilisation politique à l’épreuve des résultats</strong></p>
<p>En prenant position aussi fermement contre Joseph Kabila et le FRN, l’ADP entend contribuer à la consolidation du camp présidentiel au moment où la crise sécuritaire demeure l’un des principaux défis de l’État congolais.</p>
<p>Mais la mobilisation politique annoncée devra être évaluée à l’aune des résultats : amélioration de la sécurité des populations, renforcement des capacités des FARDC, restauration de l’autorité de l’État dans les territoires affectés et efficacité de la diplomatie congolaise.</p>
<p>L’enjeu dépasse ainsi le duel politique entre Félix Tshisekedi et son prédécesseur. Il concerne la capacité des institutions congolaises à protéger les citoyens, à préserver l’unité du pays et à faire respecter sa souveraineté.</p>
<p>En appelant à un front patriotique autour du chef de l’État, l’ADP choisit clairement son camp. Son message à la classe politique, à la population et aux partenaires internationaux tient en une exigence : faire de la défense de la RDC une priorité nationale et obtenir des actes concrets face à la crise dans l’Est.</p>
<p>Reste désormais à savoir si cette nouvelle mobilisation politique contribuera à rapprocher le pays d’une paix durable, ou si elle ouvrira un nouveau chapitre dans une confrontation dont les populations congolaises continuent de payer le prix le plus lourd.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Ph.K</strong></p>
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		<title>RDC : “Pas de dialogue sous les bombes” — She Okitundu trace une ligne rouge face à Kigali et assume l’option américaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kiosque d'Afrique]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Feb 2026 17:08:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[CRISE RWANDO-CONGOLAISE]]></category>
		<category><![CDATA[Diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[le dialogue national inclusif en RDC]]></category>
		<category><![CDATA[Léonard She Okitundu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un contexte d’escalade sécuritaire à l’Est et de débats intenses à Kinshasa, Léonard She Okitundu et son Parti Social-Démocrate Vert (PSDV) prennent position sans détour : pas de dialogue national en pleine agression, application stricte de la résolution 2773, et défense assumée du partenariat stratégique entre la République démocratique du Congo et les États-Unis. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dans un contexte d’escalade sécuritaire à l’Est et de débats intenses à Kinshasa, Léonard She Okitundu et son Parti Social-Démocrate Vert (PSDV) prennent position sans détour : pas de dialogue national en pleine agression, application stricte de la résolution 2773, et défense assumée du partenariat stratégique entre la République démocratique du Congo et les États-Unis. Une déclaration qui relance le débat sur la nature du conflit et les voies de sortie de crise.</strong></p>
<p><strong>Une condamnation ferme de l’agression rwandaise</strong></p>
<p>Dans une déclaration adoptée à Kinshasa le 23 février 2026, le PSDV condamne « avec véhémence » l’agression imputée au Rwanda, dénonçant une violation de la Charte des Nations Unies, de l’Acte constitutif de l’Union africaine et du Statut de Rome.</p>
<p>Au cœur de son argumentaire : le respect strict de la résolution 2773, considérée comme la feuille de route centrale pour un règlement durable du conflit. Le parti met en garde contre toute interprétation « cavalière » des initiatives diplomatiques parallèles, notamment les processus de Doha et de Washington, si celles-ci devaient s’écarter du cadre fixé par cette résolution.</p>
<p>Plus encore, le PSDV plaide pour le déploiement d’une force internationale d’interposition le long de la frontière congolo-rwandaise. Une proposition qui vise, selon le parti, à instaurer des mesures de confiance et à prévenir une régionalisation accrue du conflit.</p>
<p><strong>Dialogue national : une tradition… mais pas en temps de guerre</strong></p>
<p>La question d’un dialogue national refait surface dans le débat public congolais, dans un pays où les concertations politiques ont souvent servi de mécanisme de sortie de crise.</p>
<p>Mais pour Léonard She Okitundu, la nature même du conflit actuel change la donne. Il ne s’agirait pas d’une crise interne, mais d’un conflit interétatique. Organiser un dialogue dans ces conditions reviendrait, selon le PSDV, à « internaliser » le conflit et à valider le narratif de l’agresseur.</p>
<p>Le parti appelle donc les forces politiques et sociales à mettre « momentanément leurs divergences sous cloche » afin de privilégier le recouvrement de l’intégrité territoriale. Les pourparlers intercongolais ne devraient, selon cette lecture, intervenir qu’après la restauration complète de la souveraineté nationale.</p>
<p>Cette position tranche avec certaines voix qui estiment qu’un dialogue pourrait renforcer la cohésion interne face à la menace extérieure. Le débat reste ouvert.</p>
<p><strong>Partenariat RDC–USA : diplomatie entrepreneuriale ou dépendance stratégique ?</strong></p>
<p>Autre point sensible : le partenariat stratégique en gestation entre Kinshasa et Washington.</p>
<p>Face aux critiques évoquant un possible « bradage » des ressources naturelles, le PSDV défend une vision qu’il qualifie de « diplomatie entrepreneuriale ». Le principe : en contrepartie d’un soutien sécuritaire accru, des entreprises américaines interviendraient dans la production, l’exploitation et surtout la transformation locale des minerais congolais, avec des engagements en matière de transfert de technologie et de création d’emplois.</p>
<p>Pour le parti, l’enjeu est clair : transformer localement pour créer de la valeur ajoutée sur le sol congolais, plutôt que d’exporter des matières brutes.</p>
<p>Reste que cette orientation stratégique pose plusieurs questions d’intérêt public :</p>
<p>Quelles garanties juridiques encadreront ces accords ?</p>
<p>Quel contrôle parlementaire et citoyen ?</p>
<p>Quelle place pour les entreprises congolaises ?</p>
<p>Autant d’éléments qui détermineront si ce partenariat sera réellement « mutuellement bénéfique ».</p>
<p><strong>Une ligne politique cohérente, un débat relancé</strong></p>
<p>À travers cette déclaration, Léonard She Okitundu et le PSDV affichent une ligne claire :</p>
<p>1. Priorité absolue à l’intégrité territoriale.</p>
<p>2. Refus d’un dialogue national en pleine agression.</p>
<p>3. Défense assumée d’un partenariat stratégique avec les États-Unis.</p>
<p>Dans l’histoire politique congolaise, les périodes d’agression extérieure ont souvent ravivé le débat entre union sacrée et pluralisme démocratique. La sortie du PSDV s’inscrit dans cette tension permanente entre exigence de cohésion nationale et vitalité du débat politique.</p>
<p>Pour la population congolaise, première victime de l’insécurité et de l’instabilité économique, l’essentiel reste ailleurs : la fin des violences, la protection des territoires, et des retombées concrètes en matière d’emplois, de sécurité et de souveraineté.</p>
<p>Le débat ne fait que commencer.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Philippe KAZADI O. </strong></p>
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		<title>Crise RDC-Rwanda : Donald Trump a-t-il choisi son camp ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kiosque d'Afrique]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 10:36:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[CRISE RWANDO-CONGOLAISE]]></category>
		<category><![CDATA[Diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[crise sécuritaire en RDC]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Trump et Félix Tshisekedi]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Kagame]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La crise qui se vit dans l&#8217;Est de la RDC soulève une préoccupation intéressante. S&#8217;agit-il d&#8217;un pari de Washington ou le triomphe de la diplomatie transactionnelle de Donald Trump? Alors que le conflit dans l&#8217;Est de la République Démocratique du Congo (RDC) s&#8217;enlisait dans une impasse diplomatique, le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La crise qui se vit dans l&rsquo;Est de la RDC soulève une préoccupation intéressante. S&rsquo;agit-il d&rsquo;un pari de Washington ou le triomphe de la diplomatie transactionnelle de Donald Trump? </strong><strong>Alors que le conflit dans l&rsquo;Est de la République Démocratique du Congo (RDC) s&rsquo;enlisait dans une impasse diplomatique, le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a redessiné les cartes. Entre Kinshasa et Kigali, le curseur américain semble avoir pivoté. Analyse d’un rapprochement stratégique où le cobalt pèse désormais plus lourd que les alliances historiques.</strong></p>
<p>En effet, le 4 décembre 2025 restera une date charnière pour la diplomatie des Grands Lacs. Sous les lustres de la Maison-Blanche, Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont apposé leurs signatures sur les « Accords de Washington pour la paix et la prospérité ». Mais derrière les sourires de façade, un constat s&rsquo;impose : l’administration Trump a troqué la diplomatie traditionnelle pour une approche purement transactionnelle, penchant ostensiblement en faveur de Kinshasa.</p>
<p><strong>Le cobalt, nerf de la nouvelle alliance</strong></p>
<p>Pourquoi ce dégel soudain entre Washington et Kinshasa ? La réponse tient en deux mots : minerais critiques. Pour contrer l&rsquo;hégémonie chinoise sur les chaînes d&rsquo;approvisionnement mondiales, Donald Trump a fait de la sécurisation du cobalt et du cuivre congolais une priorité nationale.</p>
<p>Félix Tshisekedi, en fin stratège, a su parler le langage du 47e président américain : « Nous avons de la richesse, vous avez la technologie et le capital. Sécurisez nos frontières, et nous sécuriserons vos batteries ». Ce « deal » a permis à la RDC de regagner les faveurs de Washington, là où l&rsquo;administration précédente se montrait plus prudente.</p>
<p><strong>Le froid polaire entre Washington et Kigali</strong></p>
<p>Le contraste est frappant avec le traitement réservé au Rwanda. Longtemps considéré comme le « bon élève » et l&rsquo;allié indéfectible des États-Unis dans la région, le régime de Paul Kagame fait face à une pression inédite.</p>
<p>L&rsquo;administration Trump n&rsquo;a pas hésité à brandir la menace de sanctions directes, exigeant le retrait immédiat des troupes rwandaises du sol congolais. Lors des négociations, le conseiller spécial Massad Boulos a été on ne peut plus clair : le soutien au M23 est désormais perçu comme un obstacle aux intérêts économiques américains. Pour Washington, la stabilité des mines de l&rsquo;Est vaut mieux que la fidélité à un allié militaire régional.</p>
<p><strong>Un accord sur le fil du rasoir</strong></p>
<p>Cependant, l&rsquo;optimisme affiché à Washington peine à se traduire sur le terrain. Si les accords prévoient une zone de libre-échange et un retrait des groupes armés, la réalité dans le Nord-Kivu reste sanglante.<br />
&#8211; <em><strong>Sur le plan militaire</strong></em> : Les affrontements se poursuivent autour de Walikalé, et le scepticisme de Paul Kagame, qui a qualifié la médiation de simplement « pragmatique », laisse planer un doute sur sa volonté réelle de désengagement.<br />
&#8211; <strong><em>Sur le plan juridique</em></strong> : À Kinshasa, la contestation gronde. Des collectifs d&rsquo;avocats ont saisi la Cour Constitutionnelle, dénonçant un accord qui « brade » les ressources naturelles du pays sans débat parlementaire préalable.</p>
<p><strong>La paix par le profit ?</strong></p>
<p>Le « Processus de Washington » marque la fin de l&rsquo;ère de l&rsquo;ingérence humanitaire pour laisser place à celle de l&rsquo;ingérence commerciale. En s&rsquo;alignant sur Kinshasa, Donald Trump fait le pari que l&rsquo;appât du gain et les investissements massifs des entreprises américaines seront plus efficaces que des années de négociations onusiennes.</p>
<p>Pour la RDC, c’est une opportunité historique de retrouver sa souveraineté, mais à un prix élevé : celui d&rsquo;une dépendance accrue envers les intérêts privés américains. Reste à savoir si ce mariage de raison survivra aux réalités brutales d&rsquo;un conflit qui dure depuis trois décennies.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Chappy KUNGA</strong></p>
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		<title>Crise à l’Est de la RDC : à Luanda, l’Afrique tente l’unité face à l’urgence sécuritaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kiosque d'Afrique]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Feb 2026 23:53:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[CRISE RWANDO-CONGOLAISE]]></category>
		<category><![CDATA[Diplomatie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réunis à Luanda, plusieurs dirigeants africains ont affiché une position commune sur la crise persistante dans l’est de la République démocratique du Congo : retrait des forces rwandaises et neutralisation des FDLR. Une séquence diplomatique décisive à l’approche du sommet de l’Union africaine, dans un contexte où les populations continuent de payer le prix du [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Réunis à Luanda, plusieurs dirigeants africains ont affiché une position commune sur la crise persistante dans l’est de la République démocratique du Congo : retrait des forces rwandaises et neutralisation des FDLR. Une séquence diplomatique décisive à l’approche du sommet de l’Union africaine, dans un contexte où les populations continuent de payer le prix du conflit.</strong></p>
<p>La crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) s’est invitée au centre d’une importante concertation diplomatique africaine. Lundi 9 février, Luanda, la capitale angolaise, a accueilli une réunion de haut niveau consacrée à l’évolution des tensions entre Kinshasa et Kigali, sur fond de violences persistantes dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.</p>
<p>Autour de la table : João Lourenço, président de l’Angola et président en exercice de l’Union africaine (UA), le président congolais Félix Tshisekedi, le médiateur désigné par l’UA, Faure Essozimna Gnassingbé, ainsi qu’Olusegun Obasanjo, représentant de la branche politique du panel des facilitateurs du processus de paix en RDC. Une configuration qui illustre la volonté africaine de reprendre la main sur un dossier longtemps dominé par des médiations multiples et parfois concurrentes.</p>
<p><strong>Une position africaine clarifiée</strong></p>
<p>Dans le communiqué final publié par la présidence angolaise, les participants ont évalué l’état de mise en œuvre de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies. Ils ont surtout insisté sur le respect strict des engagements pris dans le cadre de l’Accord de Washington, censé servir de socle diplomatique pour la désescalade entre la RDC et le Rwanda.</p>
<p>Le texte rappelle deux exigences clés : le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), groupe armé rwandais actif dans l’est de la RDC. Ces deux points, régulièrement évoqués mais rarement appliqués de manière consensuelle, sont présentés comme indissociables pour espérer une stabilisation durable de la région des Grands Lacs.</p>
<p><strong>Entre impératifs sécuritaires et réalité du terrain</strong></p>
<p>Pour Kinshasa, la présence de troupes rwandaises est perçue comme une atteinte à la souveraineté nationale. Kigali, de son côté, justifie sa posture sécuritaire par la menace persistante des FDLR. Cette lecture croisée, souvent conflictuelle, continue d’alimenter une crise dont les premières victimes restent les populations civiles : déplacements massifs, insécurité chronique, accès limité aux services de base.</p>
<p>L’Union africaine tente désormais d’imposer un cadre commun, fondé sur des engagements vérifiables et un suivi politique renforcé. La tournée régionale du médiateur togolais Faure Gnassingbé s’inscrit dans cette dynamique, avec l’objectif de restaurer la confiance entre les parties et de coordonner les différentes initiatives de paix.</p>
<p><strong>Un test à l’approche du sommet de l’UA</strong></p>
<p>Cette rencontre de Luanda intervient à quelques jours du 39ᵉ Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, prévu les 14 et 15 février à Addis-Abeba. Elle pourrait peser sur les discussions à venir et sur la capacité de l’organisation panafricaine à parler d’une seule voix face à l’une des crises les plus complexes du continent.</p>
<p>Reste une question centrale : au-delà des communiqués et des engagements diplomatiques, ces décisions se traduiront-elles enfin par une amélioration concrète de la sécurité et des conditions de vie des populations de l’est de la RDC ? C’est à cette aune que les initiatives africaines seront jugées, loin des calculs politiques, au plus près des réalités du terrain.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Éden-Pascal TSHIYOMBO</strong></p>
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		<item>
		<title>RDC &#8211; Grands Lacs : la médiation africaine face à l’épreuve de l’Est congolais, entre urgence humaine et responsabilité politique (ÉDITO)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kiosque d'Afrique]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Jan 2026 22:53:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[CRISE RWANDO-CONGOLAISE]]></category>
		<category><![CDATA[ÉDITORIAL]]></category>
		<category><![CDATA[La médiation africaine sur la guerre dans l'est de la RDC]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pendant que les armes continuent de parler dans l’Est de la République démocratique du Congo, une médiation africaine tente de réouvrir l’espace du dialogue. La rencontre de ce jour à Kigali entre le Président rwandais Paul Kagame et le médiateur de l’Union africaine, Faure Gnassingbé, relance une dynamique diplomatique attendue par des millions de civils [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://kiosquedafrique.com/rdc-grands-lacs-la-mediation-africaine-face-a-lepreuve-de-lest-congolais-entre-urgence-humaine-et-responsabilite-politique-edito/actualite/">RDC &#8211; Grands Lacs : la médiation africaine face à l’épreuve de l’Est congolais, entre urgence humaine et responsabilité politique (ÉDITO)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kiosquedafrique.com">Kiosque d&#039;Afrique</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pendant que les armes continuent de parler dans l’Est de la République démocratique du Congo, une médiation africaine tente de réouvrir l’espace du dialogue. La rencontre de ce jour à Kigali entre le Président rwandais Paul Kagame et le médiateur de l’Union africaine, Faure Gnassingbé, relance une dynamique diplomatique attendue par des millions de civils pris en étau. Mais le temps de la médiation peut-il encore répondre au temps de la souffrance des peuples ?</strong></p>
<p><strong>Une région sous pression permanente</strong></p>
<p>Dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, la situation sécuritaire demeure critique. Déplacements massifs de populations, violences contre les civils, insécurité alimentaire, effondrement des services sociaux de base : pour les populations de l’Est de la RDC, la crise n’est pas un concept diplomatique, c’est une réalité quotidienne. Chaque jour sans solution durable accroît les risques humains, sociaux et générationnels.</p>
<p>C’est dans ce contexte lourd que s’inscrit la nouvelle séquence diplomatique engagée par l’Union africaine, consciente que l’enlisement du conflit menace non seulement la RDC, mais l’équilibre de toute la région des Grands Lacs.</p>
<p><strong>Kigali, étape clé d’une médiation continentale</strong></p>
<p>Ce jour, au village présidentiel d’Urugwiro, le Président rwandais Paul Kagame a reçu Faure Gnassingbé, président du Conseil du Togo et médiateur principal de l’Union africaine pour la crise dans l’Est de la RDC. Au-delà du tête-à-tête entre les deux dirigeants, la rencontre s’est élargie à un groupe d’experts de haut niveau, composé d’anciens chefs d’État africains : Olusegun Obasanjo (Nigeria), Sahle-Work Zewde (Éthiopie), Mokgweetsi Masisi (Botswana) et Catherine Samba-Panza (République centrafricaine).</p>
<p>Les échanges ont porté sur trois axes majeurs : l’évaluation de la situation sécuritaire sur le terrain, l’état d’avancement des engagements diplomatiques existants et la nécessité de mieux coordonner les initiatives régionales et continentales de paix.</p>
<p><strong>Après Kigali et Kinshasa, un espace pour le dialogue élargi ?</strong></p>
<p>Cette rencontre à Kigali s’inscrit dans une démarche plus large. Après avoir rencontré le président congolais Félix Tshisekedi, la médiation africaine cherche à maintenir un fil de dialogue entre des positions souvent antagonistes. La perspective, évoquée dans les milieux diplomatiques, d’un échange futur avec Corneille Nangaa, figure centrale de la rébellion de l’AFC/M23, souligne une orientation pragmatique : parler à tous les acteurs capables d’influencer la dynamique du conflit.</p>
<p>Cette approche ne signifie ni légitimation politique ni renoncement aux principes de souveraineté. Elle traduit plutôt une réalité : aucune solution durable ne peut être imposée uniquement par la force ou par des déclarations de principe, sans traiter les causes profondes et les acteurs réels de l’instabilité.</p>
<p><strong>Ce que la médiation peut – et doit – apporter</strong></p>
<p>Pour les populations de l’Est de la RDC, l’enjeu n’est pas la multiplication des sommets, mais leur impact concret. La médiation africaine offre néanmoins plusieurs avancées potentielles :</p>
<p>&#8211; la réaffirmation d’un cadre africain de résolution des conflits, complémentaire aux initiatives régionales existantes ;</p>
<p>&#8211; une pression politique accrue sur les parties pour le respect des engagements pris ;</p>
<p>&#8211; la possibilité d’un alignement plus cohérent entre diplomatie, sécurité et réponses humanitaires.</p>
<p>Mais ces avancées resteront fragiles si elles ne s’accompagnent pas de mécanismes clairs de suivi, de garanties de protection des civils et d’une implication réelle des communautés affectées.</p>
<p><strong>Un appel aux responsabilités</strong></p>
<p>Cet article se veut un appel. Un appel aux dirigeants de la sous-région, pour que la sécurité des peuples prime sur les calculs politiques et géostratégiques. Un appel à la communauté internationale, pour qu’elle soutienne les efforts africains sans les instrumentaliser ni les marginaliser. Un appel enfin aux acteurs congolais eux-mêmes, pour que l’intérêt du peuple reste le cœur de toute négociation.</p>
<p>La paix dans l’Est de la RDC n’est pas seulement une affaire de frontières ou d’influence régionale. Elle est une exigence humaine, morale et historique. Et chaque jour de retard a un coût que les civils continuent de payer.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Philippe KAZADI O. </strong></p>
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		<item>
		<title>Est de la RDC : une année après la chutte de Goma, pourquoi la guerre ne s’arrête pas ?</title>
		<link>https://kiosquedafrique.com/est-de-la-rdc-une-annee-apres-la-chutte-de-goma-pourquoi-la-guerre-ne-sarrete-pas/actualite/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Kiosque d'Afrique]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Jan 2026 05:59:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[CRISE RWANDO-CONGOLAISE]]></category>
		<category><![CDATA[GUERRE À L'EST DE LA RDC]]></category>
		<category><![CDATA[Corneille Naanga et Bertrand Bisimwa]]></category>
		<category><![CDATA[L'AFC/M23 à Goma]]></category>
		<category><![CDATA[Une année depuis la chutte de Goma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce 26 janvier 2026 marque l&#8217;an un de l&#8217;occupation de la plus grande ville de l&#8217;Est de la RDC par l&#8217;AFC/M23. Bunagana, n&#8217;en parlons même pas&#8230; Malgré les annonces répétées de retraits, de cessez-le-feu et de processus de paix, la guerre continue de façonner le quotidien de millions de Congolais dans l’Est de la République [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Ce 26 janvier 2026 marque l&rsquo;an un de l&rsquo;occupation de la plus grande ville de l&rsquo;Est de la RDC par l&rsquo;AFC/M23. Bunagana, n&rsquo;en parlons même pas&#8230; Malgré les annonces répétées de retraits, de cessez-le-feu et de processus de paix, la guerre continue de façonner le quotidien de millions de Congolais dans l’Est de la République démocratique du Congo. De nombreuses initiatives diplomatiques prises semblent sans issu favorable.</strong></p>
<p>Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri : ces provinces restent les théâtres d’un conflit protéiforme, où les lignes de front bougent sans jamais disparaître. Les combats récents dans plusieurs localités stratégiques rappellent une réalité crue : le conflit ne s’achève pas, il se transforme.</p>
<p>Une guerre à géométrie variable<br />
Sur le terrain, la situation est loin d’être linéaire. Ici, un retrait rebelle annoncé. Là, une reprise de position par les Forces armées de la RDC (FARDC). Ailleurs, l’apparition de nouvelles milices ou le redéploiement de groupes existants. Cette guerre à géométrie variable entretient une confusion permanente, tant pour les populations civiles que pour les observateurs.</p>
<p>Les combats autour de zones clés montrent que le M23, malgré des phases de recul, conserve une capacité de nuisance réelle. Les affrontements sporadiques, les incursions ciblées et les tensions persistantes prouvent que le groupe armé n’a pas disparu du paysage sécuritaire. À cela s’ajoute la présence de milices locales, souvent regroupées sous l’étiquette de Wazalendo, dont le rôle ambigu complique davantage la lecture du conflit.</p>
<p>Pour de nombreux experts sécuritaires, cette configuration est le signe d’une guerre fragmentée, où aucun acteur ne détient un contrôle total, mais où chacun conserve suffisamment de force pour empêcher une paix durable.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Des civils pris au piège</strong></p>
<p style="text-align: left;">Au cœur de cette instabilité chronique se trouvent les civils. Ce sont eux qui paient le prix le plus élevé d’un conflit qui dure depuis trop longtemps. Chaque mouvement militaire, chaque rumeur de représailles, chaque changement d’équilibre pousse des milliers de familles à fuir.</p>
<p style="text-align: left;">Les chiffres des déplacés internes continuent ainsi de grimper, accentuant une crise humanitaire déjà alarmante. Camps surpeuplés, manque d’eau potable, insécurité alimentaire, accès limité aux soins : la guerre ne tue pas seulement par les armes, elle détruit lentement les conditions mêmes de la survie.</p>
<p style="text-align: left;">Dans certaines zones, le retrait de groupes armés ne signifie pas nécessairement le retour à la normale. Au contraire, il s’accompagne parfois d’une peur accrue : peur de règlements de comptes, peur de pillages, peur d’être accusé de collaboration. Résultat : des populations entières préfèrent abandonner leurs maisons plutôt que de risquer leur vie. Le pillage vécu dernièrement à Uvira semble bien illustrer cette assertion.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>L’autorité de l’État, un chantier inachevé</strong></p>
<p style="text-align: left;">Pour Kinshasa, le défi est immense. Reprendre militairement un territoire est une chose ; y restaurer durablement l’autorité de l’État en est une autre. Trop souvent, les zones reprises échappent encore à un contrôle administratif réel. Les services publics tardent à revenir, la justice reste absente, et la population se sent abandonnée une fois les caméras éteintes.</p>
<p style="text-align: left;">Cette fragilité institutionnelle nourrit un cercle vicieux. En l’absence de l’État, les groupes armés trouvent un terrain fertile pour se reconstituer, recruter ou imposer leur propre ordre. La défiance des populations envers les autorités s’accentue, affaiblissant encore la légitimité de l’État central.</p>
<p style="text-align: left;">La question n’est donc pas uniquement militaire. Elle est profondément politique et sociale. Sans routes, sans écoles, sans hôpitaux, sans sécurité juridique, la paix reste un concept abstrait, déconnecté de la réalité quotidienne.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Une guerre aux dimensions régionales</strong></p>
<p style="text-align: left;">Le conflit dans l’Est de la RDC ne peut être compris sans sa dimension régionale. Les tensions diplomatiques, les accusations de soutiens extérieurs aux groupes armés et les intérêts géopolitiques transfrontaliers continuent de peser lourdement sur l’évolution de la situation.</p>
<p style="text-align: left;">Malgré les initiatives diplomatiques et les mécanismes régionaux de paix, la méfiance persiste. Les accords signés peinent à se traduire en changements concrets sur le terrain. Pour les populations locales, ces négociations lointaines semblent souvent déconnectées de leurs souffrances immédiates.</p>
<p style="text-align: left;">La présence de forces étrangères, de missions régionales ou internationales, si elle contribue parfois à stabiliser certaines zones, n’a pas encore permis de régler les causes profondes du conflit.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Le facteur économique : une guerre pour les ressources ?</strong></p>
<p style="text-align: left;">Derrière les enjeux sécuritaires se cachent également des intérêts économiques majeurs. L’Est de la RDC regorge de ressources naturelles stratégiques, dont l’exploitation alimente depuis des années des réseaux illégaux et des financements de groupes armés.</p>
<p style="text-align: left;">Tant que ces circuits économiques parallèles ne seront pas démantelés, la guerre continuera de trouver des carburants puissants. La contrebande, la corruption et l’exploitation artisanale incontrôlée entretiennent une économie de conflit qui profite à quelques-uns, au détriment de l’intérêt national.</p>
<p style="text-align: left;">La paix durable passe donc aussi par une gouvernance transparente des ressources, capable de transformer ces richesses en leviers de développement plutôt qu’en facteurs d’instabilité.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Entre communication et réalité</strong></p>
<p style="text-align: left;">Face à l’opinion publique, la communication officielle se veut souvent rassurante. Avancées militaires, succès diplomatiques, engagements internationaux : le discours met en avant les progrès réalisés. Mais sur le terrain, la perception est souvent différente.</p>
<p style="text-align: left;">Ce décalage entre communication et réalité nourrit une frustration croissante. Beaucoup de Congolais s’interrogent : si la guerre est presque finie, pourquoi continue-t-on de fuir ? Si la paix est en marche, pourquoi tant d’insécurité persiste-t-elle ?<br />
Cette fracture entre le récit officiel et le vécu quotidien fragilise la confiance entre l’État et les citoyens, un élément pourtant essentiel à toute sortie de crise.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Une paix encore lointaine</strong></p>
<p style="text-align: left;">Aujourd’hui, la guerre à l’Est de la RDC apparaît comme un conflit sans fin claire, sans victoire nette, sans résolution rapide. Elle s’enracine dans des décennies de mauvaise gouvernance, de tensions régionales, d’intérêts économiques et d’abandons successifs.</p>
<p style="text-align: left;">La RDC dispose pourtant de nouveaux atouts sur la scène internationale, notamment sa présence au Conseil de sécurité de l’ONU. Mais cette visibilité ne sera jugée qu’à l’aune d’un critère simple : la sécurité réelle des Congolais.<br />
La paix ne viendra ni d’un seul accord, ni d’une seule offensive militaire. Elle exige une approche globale : sécurité, justice, développement, diplomatie et surtout écoute des populations locales.</p>
<p style="text-align: left;">Tant que ces dimensions resteront dissociées, la guerre continuera de refuser de finir. Et pour des millions de Congolais de l’Est, l’avenir restera suspendu à une question douloureuse : quand viendra enfin la paix ?</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Philippe KAZADI O.</strong></p>
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		<title>RDC-Uvira : Ce que pourrait cacher le retrait rapide de l’AFC/M23 malgré la pression diplomatique des USA (ANALYSE)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kiosque d'Afrique]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Dec 2025 08:28:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[ANALYSE]]></category>
		<category><![CDATA[CRISE RWANDO-CONGOLAISE]]></category>
		<category><![CDATA[SÉCURITÉ]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La nouvelle a fait effet d&#8217;une surprise dans l&#8217;opinion congolaise. Après quelques jours d’occupation, l’AFC/M23 a annoncé son retrait unilatérale de la ville d’Uvira, mais sous conditions. Une décision prise dans un contexte de fortes pressions diplomatiques et qui semble répondre à une stratégie bien calculée du mouvement. Dans un communiqué publié dans la nuit [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La nouvelle a fait effet d&rsquo;une surprise dans l&rsquo;opinion congolaise. Après quelques jours d’occupation, l’AFC/M23 a annoncé son retrait unilatérale de la ville d’Uvira, mais sous conditions. Une décision prise dans un contexte de fortes pressions diplomatiques et qui semble répondre à une stratégie bien calculée du mouvement.</strong></p>
<p>Dans un communiqué publié dans la nuit du lundi 15 au mardi 16 décembre, l’Alliance Fleuve Congo (AFC), branche politique du M23, a annoncé son retrait unilatéral de la ville d’Uvira, au Sud-Kivu. Nonobstant, ce mouvement rebelle conditionne ce retrait à la démilitarisation de la ville, à la protection de la population civile et au contrôle du cessez-le-feu par le déploiement d’une « force neutre ».</p>
<p>Ces conditions ressemblent à un arbre qui cache la forêt. Elles apparaissent comme le résultat d&rsquo;une stratégie politique, ce qui obligerait les autorités de Kinshasa à plus de vigilance.</p>
<p><strong>Une occupation brève mais lourde de sens</strong></p>
<p>L’AFC/M23 n’est resté à Uvira que quelques jours. Une durée courte, surtout pour une ville aussi stratégique. Située sur le lac Tanganyika, Uvira est un centre économique et administratif important du Sud-Kivu.</p>
<p>Avec ce retrait annoncé et avec un peu de recule, pour plusieurs analystes, l’objectif n’était pas de contrôler durablement la ville, mais d’envoyer un signal fort : le mouvement est capable d’étendre ses opérations au Sud-Kivu, au-delà de ses zones habituelles du Nord-Kivu.</p>
<p>Ce qui laisse à penser que nonobstant le retrait annoncé, mais sans calendrier, l&rsquo;AFC/M23 pourrait toujours y revenir.</p>
<p><strong>Un message politique adressé à l’international</strong></p>
<p>Le timing du retrait attire l’attention. Il coïncide avec une période de pressions diplomatiques accrues sur Kigali. En annonçant un retrait « sous conditions », l’AFC/M23 adopte un discours qui s’adresse clairement à la communauté internationale.</p>
<p>Les termes utilisés sous forme des conditions— protection des civils, démilitarisation, force neutre — sont proches du langage diplomatique et onusien. Le mouvement cherche ainsi à se présenter comme un acteur prêt à respecter certaines règles, tout en conservant sa capacité militaire sur le terrain.</p>
<p><strong>La “force neutre”, un point sensible</strong></p>
<p>La demande de déploiement d’une force neutre n’est pas nouvelle dans l’est de la RDC. Elle soulève toutefois une question centrale : qui doit assurer la sécurité des villes congolaises ?</p>
<p>En posant cette condition, l’AFC/M23 remet indirectement en cause la présence des FARDC à Uvira et plaide pour un contrôle sécuritaire extérieur. Une position délicate dans un pays attaché à sa souveraineté et déjà marqué par la présence de plusieurs forces étrangères et régionales.</p>
<p>Autrement, jusqu&rsquo;à la mise en place et au déploiement de cette force neutre, la ville d&rsquo;Uvira demeurera sous contrôle du M23.</p>
<p><strong>Éviter une bataille en pleine ville</strong></p>
<p>Sur le plan militaire, le retrait rapide permet aussi d’éviter des combats urbains. Uvira est densément peuplée, et un affrontement prolongé aurait eu de lourdes conséquences pour les civils.</p>
<p>En se retirant après une démonstration de force, l’AFC/M23 montre sa capacité de nuisance sans s’exposer à une bataille coûteuse sur les plans humain et politique.</p>
<p><strong>Un message à Kinshasa</strong></p>
<p>Ce retrait sous conditions peut également être lu comme un message adressé au pouvoir de Kinshasa. Le mouvement affirme sa capacité à entrer et sortir d’une grande ville, tout en posant des exigences.</p>
<p>Cela maintient une pression sécuritaire et politique sur Kinshasa, sans pour autant fermer la porte à d’éventuelles discussions, formelles ou informelles.</p>
<p><strong>Soulagement à Uvira, incertitude ailleurs</strong></p>
<p>Pour les habitants d’Uvira, le retrait annoncé est un soulagement relatif. Mais il ne garantit pas une stabilité durable. La situation sécuritaire dans l’est de la RDC reste fragile, et les équilibres peuvent basculer rapidement.</p>
<p>Plus que jamais, la question centrale demeure celle du retour effectif de l’autorité de l’État et de la protection des populations civiles.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Philippe KAZADI</strong></p>
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		<title>RDC – Minerais contre sécurité : un accord stratégique qui interroge (DÉCRYPTAGE)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kiosque d'Afrique]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Dec 2025 13:05:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[CRISE RWANDO-CONGOLAISE]]></category>
		<category><![CDATA[Diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Accord de paix RDC Rwanda]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Trump et Félix Tshisekedi]]></category>
		<category><![CDATA[Partenariat stratégique RDC-USA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que la République démocratique du Congo traverse l’une des crises sécuritaires les plus graves de son histoire récente, un nouvel accord stratégique signé avec les États-Unis a ravivé le débat sur la souveraineté minière du pays. Dans un contexte marqué par l’occupation de Goma et Bukavu par la rébellion du M23 soutenue par le [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Alors que la République démocratique du Congo traverse l’une des crises sécuritaires les plus graves de son histoire récente, un nouvel accord stratégique signé avec les États-Unis a ravivé le débat sur la souveraineté minière du pays. Dans un contexte marqué par l’occupation de Goma et Bukavu par la rébellion du M23 soutenue par le Rwanda, Kinshasa cherche des garanties sécuritaires. Washington, de son côté, vise un accès durable aux minerais stratégiques congolais, essentiels à l’industrie mondiale des batteries et de la transition énergétique.</strong></p>
<p>Cet accord, présenté comme un partenariat « gagnant-gagnant », soulève pourtant des questions majeures. Entre opportunité historique et risque de dépendance structurelle, la RDC se trouve face à un choix qui pourrait redéfinir son avenir économique et géopolitique.</p>
<p><strong>Un partenariat né sous la pression du conflit</strong></p>
<p>Depuis la résurgence du M23 en 2022, la région des Grands Lacs est redevenue un foyer d’instabilité. Malgré les rapports onusiens établissant le soutien logistique et militaire du Rwanda aux rebelles, aucune condamnation internationale ferme n’a été prononcée. Au contraire, Kigali reste un acteur diplomatique audible, parfois même courtisé.</p>
<p>Dans ce contexte, Kinshasa a fait appel aux États-Unis pour obtenir soutien et stabilité. La réponse américaine a pris la forme d’un accord sur les minerais critiques, plaçant Washington en partenaire privilégié dans l’exploitation de ressources clés : cobalt, cuivre, lithium, terres rares.</p>
<p><strong>Un accès prioritaire aux ressources congolaises</strong></p>
<p>Le document prévoit notamment :</p>
<p>&#8211; un accès stable et prévisible aux minerais pour les entreprises américaines ;</p>
<p>&#8211; un droit de priorité et un droit de première offre sur les projets miniers ;</p>
<p>&#8211; une exclusivité de trois ans pour demander des licences après exploration ;</p>
<p>&#8211; la coopération dans le développement du corridor Lobito et de projets industriels majeurs ;</p>
<p>&#8211; la confidentialité contractuelle, limitant la transparence envers le public.</p>
<p>Sur le papier, le partenariat ouvre la porte à des investissements massifs, à la modernisation du secteur minier et à des projets structurants comme le développement hydroélectrique d’Inga. Cependant, plusieurs analystes soulignent que l’accord insiste davantage sur l’accès américain aux minerais que sur des garanties fermes de transformation locale ou de sécurité militaire durable.</p>
<p><strong>Une paix achetée ou une souveraineté renforcée ?</strong></p>
<p>La question est au cœur du débat. Pour de nombreux observateurs, l’absence de sanction claire contre le Rwanda, pourtant impliqué dans le conflit, donne l’impression d’une légitimation du pillage passé des ressources congolaises. Certains y voient même une forme de diplomatie transactionnelle : les minerais contre la paix.</p>
<p>Si la RDC ne parvient pas à conditionner ce partenariat à une cessation effective du soutien rwandais aux rebelles, elle pourrait se retrouver dans une position paradoxale : céder ses richesses stratégiques tout en continuant à subir l’insécurité.</p>
<p><strong>Les scénarios possibles</strong></p>
<p>Deux trajectoires se dessinent.</p>
<p>Dans le meilleur des cas, les États-Unis utilisent leur poids diplomatique pour faire pression sur Kigali et imposer la fin du soutien au M23. Les investissements promis se matérialisent, des usines de transformation voient le jour, l’économie congolaise se diversifie et les revenus miniers profitent effectivement aux citoyens. La RDC devient alors un acteur stratégique dans l’industrie mondiale des matériaux critiques.</p>
<p>Dans le pire des cas, la sécurité ne s’améliore pas substantiellement, l’exploitation minière reste orientée vers l’exportation brute, et les ressources profitent davantage aux multinationales qu’à l’État congolais. L’accord deviendrait alors un mécanisme moderne de dépendance économique, comparable aux logiques extractives coloniales.</p>
<p><strong>Un tournant historique</strong></p>
<p>Au-delà du texte, tout dépendra de la capacité de Kinshasa à négocier en position de souveraineté, à garantir la transparence des contrats et à imposer un quota de transformation locale. Car un partenariat n’est équilibré que si la population en ressent les effets : emplois, infrastructures, électricité, stabilité durable.</p>
<p>La RDC ne peut plus se contenter d’être le grenier minier du monde. Elle doit devenir un pôle industriel africain. Et cet accord, porteur de risques comme d’espoirs, pourrait être le tournant qui détermine de quel côté l’histoire penchera.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Chappy KUNGA</strong></p>
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		<title>Crise RDC–Rwanda : l’appel à appliquer la Résolution 2773 relance le débat sur les responsabilités régionales</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kiosque d'Afrique]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 09:55:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L'ONU]]></category>
		<category><![CDATA[CRISE RWANDO-CONGOLAISE]]></category>
		<category><![CDATA[Martin Fayulu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un contexte régional à haute tension, la question de l’application de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies refait surface. L’opposant congolais Martin Fayulu s’est récemment aligné sur la position exprimée par le ministre angolais des Affaires étrangères, Tete António, appelant à la mise en œuvre stricte de ce texte adopté [&#8230;]</p>
<p>Cet article <a href="https://kiosquedafrique.com/crise-rdc-rwanda-lappel-a-appliquer-la-resolution-2773-relance-le-debat-sur-les-responsabilites-regionales/actualite/">Crise RDC–Rwanda : l’appel à appliquer la Résolution 2773 relance le débat sur les responsabilités régionales</a> est apparu en premier sur <a href="https://kiosquedafrique.com">Kiosque d&#039;Afrique</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dans un contexte régional à haute tension, la question de l’application de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies refait surface. L’opposant congolais Martin Fayulu s’est récemment aligné sur la position exprimée par le ministre angolais des Affaires étrangères, Tete António, appelant à la mise en œuvre stricte de ce texte adopté en décembre 2023 pour soutenir les efforts de désescalade entre la RDC et le Rwanda.</strong></p>
<h3><strong>Une résolution onusienne qui peine à produire ses effets</strong></h3>
<p>La Résolution 2773, qui renouvelle notamment le mandat de la MONUSCO tout en insistant sur la nécessité d’un retrait progressif et responsable, rappelle également les obligations des États de la région en matière de coopération sécuritaire, de lutte contre les groupes armés et de respect de la souveraineté des pays voisins.</p>
<p>Dans cet esprit, Luanda — médiateur désigné dans la crise entre Kinshasa et Kigali — insiste sur l’importance d’une mise en œuvre complète et non sélective de la résolution. Pour le gouvernement angolais, appliquer ce cadre juridique international est indispensable pour ramener la confiance et restaurer un minimum de stabilité dans l’Est de la RDC, où les violences persistent, notamment en raison de l’activisme du M23 et d’autres groupes armés.</p>
<h3><strong>Fayulu : « Kigali doit neutraliser les FDLR »</strong></h3>
<p>Rebondissant sur cet appel, Martin Fayulu estime que le Rwanda doit assumer pleinement sa part de responsabilité, conformément aux engagements internationaux et aux résolutions du Conseil de sécurité. Selon lui, il ne devrait plus y avoir de « faux débat » sur la question, arguant que la responsabilité de Kigali dans l’émergence et la persistance des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) a été « largement dénoncée », notamment dans plusieurs rapports d’experts onusiens au fil des années.</p>
<p>L’opposant de l’Ecidé considère que la neutralisation des FDLR — groupe armé d’origine rwandaise actif depuis des décennies dans l’Est de la RDC — relève d’abord de la responsabilité du gouvernement rwandais. Il juge contradictoire que ce dossier continue d’être instrumentalisé alors même que le Rwanda est régulièrement accusé par Kinshasa et par des observateurs internationaux de soutenir le M23, ce que Kigali dément.</p>
<h3><strong>Une crise complexe où chaque partie se renvoie la responsabilité</strong></h3>
<p>La crise RDC–Rwanda dépasse toutefois le cadre des responsabilités individuelles.<br />
Kinshasa reproche à Kigali d’alimenter l’insécurité par son soutien présumé au M23. Kigali, de son côté, affirme que la présence des FDLR sur le sol congolais constitue une menace directe pour sa sécurité nationale.</p>
<p>Entre ces positions irréconciliables, la Résolution 2773 rappelle que <strong>tous les groupes armés, sans exception</strong>, doivent être neutralisés et que <strong>tous les États doivent s’abstenir de soutenir directement ou indirectement les rébellions</strong> opérant dans les pays voisins.</p>
<h3><strong>L’Angola, arbitre inquiet d’une escalade</strong></h3>
<p>Dans ce contexte, l’Angola tente de maintenir son rôle de médiateur dans un climat régional devenu plus inflammable que jamais. Luanda insiste sur :</p>
<ul>
<li>le respect strict des frontières,</li>
<li>la cessation de tout soutien aux groupes armés,</li>
<li>la reprise d’un dialogue politique sur base des mécanismes existants (Processus de Luanda, Processus de Nairobi),</li>
<li>et l’application rigoureuse des résolutions onusiennes, notamment la 2773.</li>
</ul>
<p>Pour les diplomates angolais, ignorer cette résolution équivaut à laisser s’aggraver un conflit qui menace d’embraser davantage la région des Grands Lacs.</p>
<h3><strong>Une mobilisation politique qui reflète les inquiétudes congolaises</strong></h3>
<p>En appelant à une mobilisation générale autour de l’application de la Résolution 2773, Martin Fayulu s’inscrit dans une tendance plus large de la classe politique congolaise : celle de dénoncer l’insécurité persistante dans l’Est et de pousser la communauté internationale à adopter une posture plus ferme.</p>
<p>L’opposant rappelle que le conflit dans l’Est de la RDC n’est pas seulement une crise militaire, mais aussi diplomatique, régionale et historique. Pour lui, la solution ne peut être durable que si chaque partie assume ses responsabilités, tant dans le respect des résolutions des Nations unies que dans la lutte contre les groupes armés.</p>
<h3><strong>Un rappel à l’ordre diplomatique</strong></h3>
<p>L’appel conjoint — explicite ou implicite — du chef de la diplomatie angolaise et de Martin Fayulu met en lumière une réalité : la Résolution 2773, comme plusieurs autres avant elle, reste largement sous-appliquée.<br />
Or, sans son exécution intégrale, il sera difficile d’espérer une véritable désescalade entre la RDC et le Rwanda.</p>
<p>Dans une région où chaque geste diplomatique compte, cet appel pourrait contribuer à remettre la question du respect des engagements internationaux au centre des discussions — à condition que toutes les parties s’en saisissent.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Philippe KAZADI O. </strong></p>
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