La République démocratique du Congo se trouve, une fois de plus, à un tournant décisif de son histoire, où la conscience, l’intelligence et le patriotisme doivent guider chaque décision.

Si tous les Congolais aspirent à la paix, cette aspiration ne doit en aucun cas nous faire renoncer à l’objectivité, à la lucidité et au sens de l’intérêt supérieur de la Nation.

Quel que soit le contexte ou les circonstances qui conduiront à un dialogue national, celui-ci ne devrait pas aboutir à une logique de fusion, mais plutôt à une démarche d’adhésion aux valeurs, aux institutions et aux principes fondamentaux de la République.

L’expérience des accords de Sun City demeure une leçon importante de notre histoire. En privilégiant la fusion des différentes forces plutôt que l’adhésion à l’État et à ses institutions, ces accords ont permis à certaines personnes, dont l’attachement à la République démocratique du Congo était contesté, d’accéder à des fonctions sensibles et stratégiques.

Cette approche a également envoyé un signal dangereux : celui selon lequel la prise des armes pouvait constituer un moyen d’accéder aux responsabilités nationales.

Cette dynamique a encouragé, au fil des années, d’autres mouvements armés à renforcer leurs effectifs dans l’espoir qu’un nouveau dialogue conduise à une nouvelle fusion, qui leur permettrait d’intégrer les forces républicaines, voire d’occuper des postes de responsabilité. Ce schéma s’est observé avec différents groupes armés, notamment, plus récemment, le M23, qui s’y attendait aussi, mais en vain.

Aujourd’hui, il est impératif de tirer les leçons du passé. C’est pourquoi j’en appelle à tous ceux qui auront la responsabilité de participer au futur dialogue national : bannissons de nos discours et de nos décisions le concept de fusion au profit de celui d’adhésion.

L’adhésion implique l’acceptation pleine et entière des valeurs républicaines, de la Constitution, des institutions de la République et du principe de souveraineté nationale. Elle permet de consolider l’unité du pays, voulue et défendue par le président de la République, chef de l’État, Son Excellence Félix Tshisekedi, sans compromettre l’autorité de l’État ni être perçue comme une démarche discriminatoire.

Le dialogue demeure un instrument essentiel de résolution des crises. Il doit être salué et accueilli avec responsabilité par toutes les filles et tous les fils de la République démocratique du Congo. Notre histoire est jalonnée de dialogues qui ont marqué l’évolution de notre Nation.
Il nous appartient aujourd’hui d’en tirer les enseignements afin que les conclusions de celui qui s’annonce contribuent durablement à la paix, à la stabilité et au renforcement de notre souveraineté.
Que vive la République démocratique du Congo ! Que vive son peuple !

Me Claude Kabi Batasema/Analyste politique

Kiosque d'Afrique