Ce lundi 15 septembre 2025, l’Assemblée nationale de la République Démocratique du Congo (RDC) s’apprête à ouvrir une session parlementaire qui, bien que présentée comme avant tout budgétaire, pourrait se transformer en une véritable tempête politique. À la tête des débats, le président de la chambre basse, Vital Kamerhe, se retrouve au cœur d’une tourmente qui pourrait redéfinir non seulement son avenir politique, mais également l’équilibre fragile au sein de l’Union sacrée de la nation.
En effet, la tension s’est intensifiée ces dernières semaines avec l’émergence d’une pétition signée par plus de 200 députés nationaux. Ces derniers reprochent à Vital Kamerhe, autrefois considéré comme un allié de confiance du président Félix Tshisekedi, des manquements dans sa gestion à la tête de l’Assemblée. Leur détermination à évincer le président de l’Assemblée pourrait bien frapper un coup décisif dans la dynamique politique actuelle.
Le climat au sein de l’Assemblée nationale était déjà tendu avant l’ouverture de cette session, marquée par des accusations de mauvaise gestion. Kamerhe, qui a occupé des rôles clés au sein de la sphère politique et particulièrement depuis l’accession de Félix Tshisekedi au pouvoir, se retrouve confronté à une défiance croissante venant même de ceux qui, par le passé, ont œuvré à son ascension. La question qui se pose désormais est de savoir comment il parviendra à naviguer dans ce contexte hostile et à contrer les signes d’un désaveu qui semblent se cristalliser autour de sa personne.
La capacité de Vital Kamerhe à surmonter cette crise dépendra sans doute de la position que prendra le président Félix Tshisekedi. Lors de précédentes turbulences, Kamerhe avait pu compter sur un soutien indéfectible du chef de l’État. Cela fait naître des interrogations : Tshisekedi a-t-il signalé une volonté de lâcher prise sur son ancien bras droit ? Ou au contraire, cherche-t-il à apaiser les tensions en prenant ses distances tout en préservant l’unité de l’Union sacrée ? Le fait que la pétition ait été rédigée dans un climat préélectoral exacerbe les enjeux, les députés cherchant à affirmer leur pouvoir face à une présidence souvent perçue comme hégémonique.
Les débats qui s’ouvriront pourraient également révéler des fractures au sein même de la coalition au pouvoir. L’unité du groupe pourrait être mise à l’épreuve alors que des factions pourraient se former autour d’un potentiel nouveau président de l’Assemblée. Les tensions internes pourraient ainsi affecter les discussions budgétaires et, plus largement, les projets de loi cruciaux pour la gouvernance du pays et son développement.
Au-delà de ces considérations internes, la situation politique en RDC est particulièrement volatile. Les récentes tensions au sein du gouvernement pourraient être interprétées comme un symptôme d’une lutte de pouvoir pour l’avenir du pays. Alors que l’opposition attend de voir comment ces événements vont se dérouler, il est clair que la session parlementaire de septembre 2025 ne sera pas seulement une formalité budgétaire, mais un véritable test pour la stabilité de l’Union sacrée et l’avenir politique de Vital Kamerhe.
Les jours qui viennent seront décisifs et pourraient marquer un tournant dans le paysage sinueux de la politique congolaise, où alliances et rivalités s’entremêlent dans un jeu d’échecs aussi complexe que précaire. L’heure est à l’observation, alors que le rideau se lève sur une nouvelle période d’incertitude pour la RDC.
Philippe KAZADI O.





