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	<title>La Belgique en RDC Archives - Kiosque d&#039;Afrique</title>
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		<title>RDC : FRN, la Belgique sort du silence et met Joseph Kabila face à ses responsabilités</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kiosque d'Afrique]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Oct 2026 10:21:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[CRISE RWANDO-CONGOLAISE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Près de dix jours après la naissance du Front pour la refondation de la nation, Bruxelles condamne sans détour le choix de la voie politico-militaire par l’ancien président congolais. Mais derrière la fermeté des mots, la Belgique mise sur les négociations de Doha et de Washington. Une prise de position dont le calendrier nourrit déjà [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Près de dix jours après la naissance du Front pour la refondation de la nation, Bruxelles condamne sans détour le choix de la voie politico-militaire par l’ancien président congolais. Mais derrière la fermeté des mots, la Belgique mise sur les négociations de Doha et de Washington. Une prise de position dont le calendrier nourrit déjà des interrogations dans les milieux politiques congolais.</strong></p>
<p>La Belgique a finalement rompu le silence. Le mercredi 21 octobre 2026, devant la Commission des relations extérieures de la Chambre, le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a livré une condamnation particulièrement ferme de la décision de Joseph Kabila de prendre la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), annoncé à Goma le 12 octobre dernier.</p>
<p>Le ton est sans ambiguïté. Pour le chef de la diplomatie belge, voir un ancien président de la République, qui a lui-même été confronté aux ravages des rébellions armées, diriger un mouvement politico-militaire cherchant à accéder au pouvoir par la force relève d&rsquo;un choix « déplorable, incompréhensible et inacceptable ». Maxime Prévot qualifie cette orientation de « profondément illégitime », estimant qu&rsquo;elle ne saurait conduire ni à la stabilité, ni à la paix, ni à la démocratie.</p>
<p>Cette déclaration constitue un signal diplomatique important dans une crise congolaise où les alliances politiques, les ambitions de pouvoir et les rapports de force militaires s&rsquo;entremêlent dangereusement. Elle apporte surtout une réponse à ceux qui attendaient de Bruxelles une clarification sur sa lecture de la nouvelle configuration politique et sécuritaire incarnée par le FRN.</p>
<p><strong>Une condamnation qui conforte Kinshasa, sans régler la crise</strong></p>
<p>Pour le pouvoir de Félix Tshisekedi, la position exprimée par Maxime Prévot constitue indéniablement un appui diplomatique. En rejetant le recours aux armes comme moyen de conquête du pouvoir, la Belgique défend un principe central pour les autorités de Kinshasa : la contestation politique ne peut justifier une remise en cause violente des institutions de la République.</p>
<p>La portée de cette déclaration dépasse cependant le seul soutien au président congolais. Bruxelles ne se contente pas de désapprouver Joseph Kabila. Elle adresse un avertissement à l&rsquo;ensemble des acteurs qui pourraient être tentés de faire de la violence une alternative à la compétition politique et aux mécanismes démocratiques.</p>
<p>Le message est également destiné à l&rsquo;opinion congolaise et aux partenaires internationaux : la crise de l&rsquo;Est ne peut être dissociée des conséquences politiques d&rsquo;une militarisation croissante de la lutte pour le pouvoir.</p>
<p>Il faut néanmoins distinguer une convergence diplomatique d&rsquo;un blanc-seing politique. La condamnation du FRN ne signifie pas que la Belgique approuve automatiquement toutes les décisions de Félix Tshisekedi, ni qu&rsquo;elle considère que les responsabilités dans la crise congolaise se limitent aux seuls adversaires armés du pouvoir. La déclaration de Maxime Prévot porte d&rsquo;abord sur le choix de la voie politico-militaire et sur les risques qu&rsquo;elle fait peser sur la paix.</p>
<p><strong>Le calendrier de Bruxelles : une réaction tardive qui interroge</strong></p>
<p>La fermeté du propos ne dissipe pas toutes les interrogations. Pourquoi avoir attendu le 21 octobre pour exprimer une position aussi tranchée, alors que la création du FRN avait été annoncée le 12 octobre à Goma ?</p>
<p>Dans les milieux opposés à Félix Tshisekedi, cette prise de parole pourrait être interprétée comme une tentative de Bruxelles de sauver la face, après une période de silence qui a alimenté les spéculations sur ses intentions. D&rsquo;autres pourraient y voir un réajustement diplomatique rendu nécessaire par la nouvelle configuration politico-militaire congolaise.</p>
<p>Ces lectures méritent d&rsquo;être examinées, mais elles ne constituent pas, en elles-mêmes, la preuve d&rsquo;une manœuvre belge. Aucun élément public cité dans la déclaration du ministre ne permet d&rsquo;établir que le calendrier de cette condamnation aurait été dicté par une volonté de protéger le président congolais ou de réparer une faute diplomatique.</p>
<p>Une explication plus prudente consiste à observer que Bruxelles a choisi de prendre position publiquement alors que la portée politique et sécuritaire du FRN devenait un enjeu majeur. L&rsquo;ancien président Joseph Kabila se retrouve à la tête d&rsquo;une structure qui prolonge la dynamique de l&rsquo;Alliance Fleuve Congo (AFC) et du M23, dans un contexte où les négociations de paix sont déjà fragiles.</p>
<p>Le calendrier n&rsquo;en reste pas moins politiquement significatif. Dans une région où chaque déclaration internationale est scrutée à travers le prisme des alliances, des intérêts stratégiques et des rivalités historiques, le silence peut nourrir le soupçon autant que la parole peut être interprétée comme un soutien.</p>
<p>La véritable question est donc moins de savoir si la Belgique a parlé tardivement que de déterminer si cette prise de position sera suivie d&rsquo;actes diplomatiques cohérents et d&rsquo;un engagement suffisamment soutenu pour contribuer à une désescalade.</p>
<p><strong>Doha et Washington : les deux voies que Bruxelles veut préserver</strong></p>
<p>Au-delà de la condamnation du FRN, la partie la plus importante de l&rsquo;intervention de Maxime Prévot réside dans les solutions qu&rsquo;il met en avant. Le ministre belge réaffirme que la crise de l&rsquo;Est ne possède pas de solution militaire durable. Toute nouvelle escalade, prévient-il, ne ferait qu&rsquo;aggraver les souffrances des populations civiles, premières victimes des affrontements.</p>
<p>Bruxelles appelle ainsi les protagonistes à poursuivre les négociations dans le cadre des processus de Doha et de Washington, malgré la lenteur des progrès enregistrés. La Belgique entend également soutenir les efforts de médiation conduits sous l&rsquo;égide de l&rsquo;Union africaine.</p>
<p>Ces deux processus répondent à des dimensions complémentaires de la crise.</p>
<p><em><strong>Le processus de Doha</strong></em> constitue le cadre de négociation entre le gouvernement congolais et l&rsquo;AFC/M23, dont le FRN revendique la continuité des droits, obligations et engagements. L&rsquo;enjeu est de transformer les engagements politiques en dispositions concrètes permettant de réduire les hostilités et d&rsquo;ouvrir la voie à une solution négociée.</p>
<p><em><strong>Le processus de Washington</strong></em>, quant à lui, concerne notamment les engagements sécuritaires entre la RDC et le Rwanda. Sa mise en œuvre doit contribuer à traiter la dimension régionale du conflit, dans laquelle les questions de souveraineté, d&rsquo;intégrité territoriale et de sécurité transfrontalière demeurent centrales.</p>
<p>L&rsquo;intérêt de l&rsquo;approche belge est de ne pas enfermer la crise dans une seule dimension. Une négociation entre Kinshasa et les représentants de la rébellion ne saurait, à elle seule, résoudre tous les différends régionaux. Inversement, un accord entre États ne suffirait pas nécessairement à régler les rapports de force internes et les revendications politiques qui alimentent les violences.</p>
<p>Le défi est désormais de faire converger ces deux voies diplomatiques, plutôt que de les laisser évoluer séparément, sans résultats tangibles sur le terrain.</p>
<p><strong>Le dialogue national congolais, l&rsquo;autre chantier de la sortie de crise</strong></p>
<p>La diplomatie internationale ne pourra cependant pas régler seule l&rsquo;ensemble des tensions politiques congolaises.</p>
<p>La crise sécuritaire dans l&rsquo;Est se superpose à des divergences internes sur la gouvernance, le fonctionnement des institutions, les libertés politiques et la place de l&rsquo;opposition dans la vie nationale. Dans ce contexte, un dialogue entre Congolais pourrait contribuer à réduire les fractures politiques, à condition de ne pas être conçu comme une simple opération de légitimation du pouvoir en place.</p>
<p>Le gouvernement de Félix Tshisekedi présente son processus de dialogue national comme un cadre destiné à rechercher la paix et à renforcer la cohésion nationale. Mais la crédibilité d&rsquo;une telle initiative dépendra de son caractère inclusif, des garanties offertes aux participants et de la capacité des conclusions à produire des effets concrets.</p>
<p>Un dialogue crédible devrait notamment permettre d&rsquo;aborder les causes politiques de la défiance, les garanties de participation de l&rsquo;opposition, le respect de l&rsquo;ordre constitutionnel et les conditions d&rsquo;une compétition démocratique pacifique.</p>
<p>Il devrait également distinguer les acteurs politiques qui acceptent de participer à un processus non violent de ceux qui poursuivent des opérations armées. La recherche d&rsquo;un compromis politique ne saurait effacer les exigences de responsabilité, de sécurité et de protection des populations.</p>
<p>Le principal risque serait de réduire le dialogue à une confrontation entre les partisans du président et ceux de Joseph Kabila, en laissant de côté les organisations citoyennes, les forces politiques indépendantes, les représentants des communautés affectées par la guerre et les voix qui réclament des garanties institutionnelles.</p>
<p><strong>La Belgique entre fermeté politique et prudence diplomatique</strong></p>
<p>La prise de position de Maxime Prévot intervient également dans un contexte de tensions entre Kinshasa et Bruxelles, après des perquisitions menées en Belgique dans le cadre d&rsquo;une enquête judiciaire visant des proches et des associés du président congolais.</p>
<p>Le ministre belge a rejeté tout lien entre ces opérations judiciaires et la position diplomatique de son pays sur la situation dans l&rsquo;Est de la RDC. Il a insisté sur l&rsquo;indépendance de la justice belge et mis en garde contre la désinformation et les discours de haine susceptibles de détériorer les relations bilatérales.</p>
<p>Cette clarification est importante. Elle rappelle que la politique étrangère belge et les procédures judiciaires belges relèvent de logiques institutionnelles distinctes. Une enquête judiciaire ne constitue pas, à elle seule, la preuve d&rsquo;une hostilité diplomatique ; de même, une condamnation politique du FRN ne démontre pas que Bruxelles cherche à compenser les conséquences d&rsquo;une procédure judiciaire.</p>
<p>Pour autant, la juxtaposition de ces événements rend la communication diplomatique particulièrement sensible. Les autorités belges devront veiller à ce que leur position sur la crise congolaise soit comprise comme une ligne cohérente, fondée sur des principes explicites, et non comme une succession de réactions dictées par les tensions du moment.</p>
<p>La Belgique dispose d&rsquo;une relation historique avec la RDC et d&rsquo;une capacité d&rsquo;influence au sein des espaces européens et internationaux. Cette position lui confère une responsabilité particulière : soutenir les initiatives de paix sans se substituer aux acteurs congolais, défendre les principes démocratiques sans donner l&rsquo;impression de choisir un camp dans toutes les controverses internes et maintenir une pression diplomatique cohérente en faveur de la désescalade.</p>
<p><strong>De la condamnation aux résultats : le véritable test de Bruxelles</strong></p>
<p>En définitive, la déclaration de Maxime Prévot a le mérite de clarifier la position belge face à la création du FRN. Elle rejette explicitement le recours aux armes pour accéder au pouvoir, réaffirme la nécessité de protéger les civils et appelle à préserver les négociations de Doha et de Washington.</p>
<p>Mais la fermeté des mots ne constitue pas encore une solution à la crise congolaise. Le véritable test sera la capacité de Bruxelles et de ses partenaires à contribuer à des résultats observables : un cessez-le-feu respecté, une diminution des violences, la protection effective des populations, la mise en œuvre des engagements sécuritaires et la poursuite de négociations politiquement crédibles.</p>
<p>Kinshasa, de son côté, ne pourra durablement s&rsquo;appuyer sur les déclarations de soutien de partenaires étrangers sans apporter de réponses aux tensions internes qui fragilisent la cohésion nationale. Quant à Joseph Kabila et aux responsables du FRN, ils devront mesurer les conséquences politiques et humaines du choix de la voie armée et clarifier leur disposition à respecter des engagements susceptibles d&rsquo;ouvrir une issue négociée.</p>
<p>La Belgique a donc parlé. Son message est ferme, mais sa stratégie reste diplomatique : condamner la militarisation de la conquête du pouvoir, maintenir les canaux de négociation et éviter une aggravation de la guerre.</p>
<p>Reste une question essentielle : cette déclaration contribuera-t-elle à modifier le comportement des acteurs sur le terrain, ou restera-t-elle une prise de position supplémentaire dans une crise où les initiatives diplomatiques se multiplient sans parvenir encore à garantir une paix durable ?</p>
<p>Pour les populations de l&rsquo;Est, qui paient depuis des années le prix de cette guerre, c&rsquo;est moins le ton des déclarations internationales que leurs conséquences concrètes qui déterminera la valeur de cette nouvelle séquence diplomatique.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Éden-Pascal TSHIYOMBO</strong></p>
<p>Cet article <a href="https://kiosquedafrique.com/rdc-frn-la-belgique-sort-du-silence-et-met-joseph-kabila-face-a-ses-responsabilites/actualite/">RDC : FRN, la Belgique sort du silence et met Joseph Kabila face à ses responsabilités</a> est apparu en premier sur <a href="https://kiosquedafrique.com">Kiosque d&#039;Afrique</a>.</p>
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