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	<title>C4 Archives - Kiosque d&#039;Afrique</title>
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		<title>RDC : La ville morte du C64, un signal politique que le pouvoir ne peut ignorer ! (Édito) </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kiosque d'Afrique]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 14:53:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[ANALYSE]]></category>
		<category><![CDATA[ÉDITORIAL]]></category>
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		<category><![CDATA[journée ville morte en RDC]]></category>
		<category><![CDATA[La coalition C64]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La journée « ville morte » observée ce 3 juin 2026 à l&rsquo;appel de la coalition de l&rsquo;opposition C64 constitue bien plus qu&rsquo;une simple démonstration de force politique. Au-delà des querelles partisanes autour de la révision ou du changement de la Constitution, cette mobilisation apparaît comme un véritable baromètre de l&rsquo;état d&rsquo;esprit d&rsquo;une partie importante de la population congolaise face à l&rsquo;évolution de la gouvernance du pays.</strong></p>
<p>Dans plusieurs villes du pays, particulièrement à Kinshasa, la baisse sensible des activités économiques, la fermeture de nombreux commerces et la réduction de la circulation ont témoigné d&rsquo;une adhésion significative à ce mot d&rsquo;ordre de l&rsquo;opposition. Quelles que soient les interprétations que l&rsquo;on puisse en faire, le fait politique demeure : une partie des Congolais a choisi d&rsquo;exprimer son désaccord avec les initiatives institutionnelles actuellement portées par le Président Félix Tshisekedi et sa majorité de l&rsquo;Union sacrée.</p>
<p><strong>Au-delà de la Constitution, l&rsquo;expression d&rsquo;un malaise plus profond</strong></p>
<p>Officiellement, le C64 justifie cette mobilisation par son opposition à toute tentative de modification de l&rsquo;actuelle Constitution, notamment des dispositions protégées par l&rsquo;article 220 qui limitent à deux le nombre de mandats présidentiels.</p>
<p>L&rsquo;opposition estime que le débat actuel sur la réforme constitutionnelle pourrait ouvrir la voie à une remise en cause de ce verrou institutionnel et permettre au chef de l&rsquo;État de briguer un troisième mandat. Une lecture que rejette catégoriquement le pouvoir, lequel soutient qu&rsquo;il s&rsquo;agit simplement d&rsquo;adapter la Loi fondamentale aux réalités contemporaines de la RDC.</p>
<p>Mais sur le terrain, le message envoyé par les citoyens semble dépasser largement la seule question constitutionnelle.</p>
<p>De nombreux Congolais expriment aujourd&rsquo;hui des préoccupations plus immédiates : le coût de la vie, le chômage des jeunes, la dégradation du pouvoir d&rsquo;achat, la corruption persistante, la qualité des services publics et surtout l&rsquo;insécurité qui continue de ravager l&rsquo;Est du pays.</p>
<p>Pour une partie de l&rsquo;opinion, l&rsquo;ouverture d&rsquo;un débat constitutionnel dans un contexte aussi difficile apparaît comme une priorité mal choisie.</p>
<p><strong>Les messages que les politiques doivent entendre</strong></p>
<p>La journée ville morte a envoyé plusieurs signaux que la classe politique, majorité comme opposition, aurait tort d&rsquo;ignorer.</p>
<p><em><strong>Premier message : la Constitution demeure un sujet sensible</strong></em></p>
<p>Les Congolais gardent en mémoire les crises politiques qui ont marqué l&rsquo;histoire récente du pays autour des questions de limitation des mandats et de succession présidentielle.</p>
<p>Toute initiative touchant à l&rsquo;architecture institutionnelle suscite naturellement méfiance et inquiétude.</p>
<p><em><strong>Deuxième message : l&rsquo;Est du pays reste la priorité nationale</strong></em></p>
<p>Pendant que le débat politique se concentre sur la Constitution, des millions de Congolais de l&rsquo;Est continuent de vivre sous la menace des violences armées.</p>
<p>La progression de l&rsquo;AFC/M23, soutenue selon Kinshasa par le Rwanda, demeure la principale préoccupation sécuritaire du pays.</p>
<p>Pour beaucoup de citoyens, la reconquête de l&rsquo;intégrité territoriale devrait constituer l&rsquo;urgence absolue de toutes les institutions.</p>
<p><em><strong>Troisième message : la population réclame davantage d&rsquo;écoute</strong></em></p>
<p>La mobilisation observée traduit également un besoin de dialogue. Une partie de la population estime que les grandes décisions engageant l&rsquo;avenir du pays devraient faire l&rsquo;objet de consultations plus larges et plus inclusives.</p>
<p><em><strong>Quatrième message : la démocratie congolaise reste vivante</strong></em></p>
<p>L&rsquo;expression pacifique d&rsquo;un désaccord politique, lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;inscrit dans le respect des lois et sans violence, constitue également une preuve de vitalité démocratique. Les autorités comme l&rsquo;opposition doivent préserver cet acquis précieux.</p>
<p><strong>Le risque d&rsquo;une polarisation dangereuse</strong></p>
<p>Le principal danger aujourd&rsquo;hui réside dans la radicalisation progressive des positions.</p>
<p>D&rsquo;un côté, une majorité qui considère toute contestation comme une opposition systématique à son action. De l&rsquo;autre, une opposition qui voit dans chaque initiative institutionnelle une stratégie de conservation du pouvoir.</p>
<p>Cette dynamique risque d&rsquo;alimenter un climat de méfiance permanente et de détourner les énergies nationales des défis prioritaires.</p>
<p>Dans un pays confronté à une guerre à l&rsquo;Est, à des défis économiques considérables et à d&rsquo;importantes attentes sociales, une crise politique majeure pourrait fragiliser davantage la cohésion nationale.</p>
<p><strong>Quelles solutions pour éviter le chaos ?</strong></p>
<p>La RDC dispose encore de plusieurs leviers pour prévenir une escalade politique.</p>
<p>La première piste consiste à instaurer un dialogue politique sincère entre majorité, opposition, société civile, confessions religieuses et autres forces vives de la nation. Les questions institutionnelles ne peuvent être durablement réglées sans consensus minimum.</p>
<p>La deuxième consiste à clarifier publiquement les objectifs réels de toute réforme constitutionnelle envisagée. La transparence reste le meilleur antidote contre les soupçons.</p>
<p>La troisième piste est de replacer la sécurité nationale au centre des priorités gouvernementales. L&rsquo;opinion attend avant tout des résultats tangibles sur la situation dans l&rsquo;Est.</p>
<p>Enfin, l&rsquo;ensemble des acteurs politiques gagneraient à adopter un discours de responsabilité. La RDC a davantage besoin de rassemblement que d&rsquo;affrontements politiques permanents.</p>
<p><strong>Une alerte démocratique plutôt qu&rsquo;une victoire politique</strong></p>
<p>Au final, la journée ville morte du 3 juin 2026 ne doit être ni présentée comme une victoire définitive de l&rsquo;opposition ni minimisée par le pouvoir.</p>
<p>Elle constitue avant tout une alerte démocratique adressée à l&rsquo;ensemble de la classe politique congolaise.</p>
<p>Le véritable enseignement de cette mobilisation est que de nombreux citoyens souhaitent être entendus sur les grandes orientations du pays. Ignorer ce message reviendrait à alimenter davantage les frustrations dans un contexte national déjà marqué par les défis sécuritaires et économiques.</p>
<p>L&rsquo;histoire récente de la RDC montre que les crises les plus coûteuses sont souvent celles qui auraient pu être évitées par l&rsquo;écoute, le dialogue et le respect mutuel des institutions.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Philippe KAZADI O. </strong></p>
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