Dans une récente déclaration, Nikita Puy, Responsable des produits chez X (ex Twitter), a annoncé une avance majeure visant à accroître la transparence dans le réseau et limiter la propagation de fausses informations. « Lorsque vous lisez le contenu sur X, vous devriez être en mesure de vérifier son authenticité. Dans ce cadre, nous essayons d’afficher de nouvelles informations sur le profil y compris le pays où se trouve… « .

Perçue comme une politique de transparence devant mettre fin aux comptes anonymes qui pullulent ce réseau social, cette mesure prise par X affiche déjà limites.

Nonobstant la volonté affichée par X de doter aux internautes le pouvoir de vérifier l’authenticité des informations lues sur la toile, il s’avère que les utilisateurs (propagandistes de la manipulation et colporteurs de fausses informations) sont toujours maîtres du jeu.

En effet, ces utilisateurs de X et propriétaires des comptes anonymes peuvent non seulement continuer à garder leur anonymat mais peuvent également modifier leurs localisatios (une autre manoeuvre de manipulation). Du coup, la vérification de la localisation du compte et l’authentification de l’information peuvent toujours échappées à toute curiosité.

Le cas des utilisateurs congolais (RDC) est révélateur des limites sus évoquées.

En effet, dans la guère numérique qui oppose le pays de Félix Tshisekedi au Rwanda de Paul Kagame, plusieurs journalistes congolais ou particuliers sont accusés par Kinshasa de complicité avec l’ennemi.

RDC, une autre allure 

En RDC, la nouvelle politique de X a sonné comme la fin de l’anonymat numérique pour les propagandistes pro-Rwanda sur les réseaux sociaux.

Avec le lancement, la semaine dernière, d’une nouvelle fonctionnalité de X (ex-Twitter) permettant aux utilisateurs d’accéder à davantage d’informations sur chaque compte, notamment l’emplacement du serveur de données et le nombre de modifications du nom d’utilisateur, plusieurs acteurs de l’« armée numérique » du Rwanda ont vu leur couverture voler en éclats.

Testée depuis plusieurs semaines, la fonctionnalité est désormais opérationnelle dans plusieurs pays.

Très vite, des internautes congolais ont passé au crible plusieurs comptes publiant régulièrement des informations liées à la crise sécuritaire opposant la RDC au Rwanda. Les résultats sont sans équivoque : une majorité de comptes défendant ouvertement Kigali, soutien internationalement reconnu des rebelles de l’AFC/M23, sont effectivement basés au Rwanda.

Parmi eux figurent des particuliers non identifiés, mais aussi des journalistes Congolais.

Du Rwanda à un pays fictif

Certains de ces journalistes propagandistes, qui se présentent volontiers comme des « professionnels », essentiellement en raison de leur propension à exposer les défaillances de la gouvernance congolaise, ont rapidement tenté de masquer leur affiliation au pays de Paul Kagame.

Ce lundi 24 novembre, plusieurs d’entre eux ont ainsi remplacé la mention « Rwanda » par « Africa » comme localisation de leur compte.

Une tentative de dissimulation qui soulève son lot d’ironie.

Démasqués, ces employés de Kigali ont, dans la précipitation, oublié qu’aucun État au monde ne porte le nom d’« Africa ».

Éden-Pascal TSHIYOMBO

Kiosque d'Afrique